Paris: Cinq grandes affaires criminelles qui ont marqué la capitale

BEAUX LIVRES A l'occasion de la sortie de l'«Atlas du crime à Paris» en librairie, «20 Minutes» vous raconte les enquêtes emblématiques de la capitale...

J. H.

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Guy Georges, alias le tueur de l'Est parisien, ici à son procès.
Guy Georges, alias le tueur de l'Est parisien, ici à son procès. — HADJ/SIPA

Paris a-t-elle une identité criminelle ? Pour comprendre ses liens avec les transgressions, Dominique Kalifa - professeur à la Sorbonne - et Jean-Claude Farcy - historien de la justice - ont brossé le portrait de la capitale dans l’Atlas du crime à Paris, un beau livre illustré de 224 pages paru aux éditions Parigramme. 20 Minutes a extrait cinq affaires, qui ont profondément marqué la Ville Lumière.

L’affaire du courrier de Lyon

1796 (ou l’an IV à l’époque du Directoire). Rue Saint-Martin, les convoyeurs de la malle-poste à destination de Lyon chargent la solde des armées d’Italie. Un passager monte dans la diligence avec eux. Le lendemain, à Lieusaint (près de Melun en Seine-et-Marne), les cadavres de deux transporteurs sont découverts dans la voiture… délestée de l’argent de la nation. Le crime est le fait de professionnels. Il est révélateur d’une période d’instabilité politique et de la faiblesse d’un pouvoir incapable d’assurer la sécurité sur les routes.

Les crimes de Pantin ou l’affaire Troppmann

1869. A Pantin, on déterre six cadavres : une femme enceinte, ses quatre garçons et sa petite fille. Tous ont été poignardés, égorgés et frappés à coups de pioche. C’est le fait divers le plus retentissant de tout le XIXe siècle. Jean-Baptiste Troppmann, un mécanicien de 19 ans sera arrêté. Un septième puis un huitième corps seront mis au jour : celui du cinquième fils et celui du père, découvert en Alsace. Le suspect est condamné à mort : il rêvait d’Amérique et projetait de s’enfuir avec les titres qu’il avait volés à la famille. C’est la première grande affaire située dans une de ces nouvelles banlieues issues de l’agrandissement de Paris, en 1860.

Les « exploits » de la bande à Bonnot

1911. A Belleville, le journal L’Anarchie héberge Jules Bonnot, pourtant suspecté d’avoir assassiné un compagnon italien. Fort de ses compétences automobiles, il vole des véhicules, attaque pour de l’argent et tue. La psychose s’est installée dans le Grand Paris. Retranché à Choisy-le-Roi, Bonnot est assiégé six mois plus tard par 6.000 policiers et militaires qui finissent par dynamiter la maison. L’audace de ces « bandits tragiques » frappe les esprits. L’épisode contribue aussi à déplacer le crime davantage vers la périphérie, notamment vers les banlieues nord et est de Paris.

L’affaire Petiot, alias « le docteur »

1941. Rue Le Sueur, Marcel Petiot, 44 ans, achète un hôtel particulier. A l’intérieur, il édifie un cabinet médical, une cave à double porte et une chambre à gaz. Sous le nom de docteur Eugène, il s’improvise chef d’un réseau clandestin d’évasion. Il exige des aspirants au départ - des juifs pressentant les persécutions mais aussi des truands - beaucoup d’argent et leur demande de venir à son hôtel de nuit. Là, sous prétexte de vaccination, il gaze les fugitifs, les découpe en morceaux et les brûle. Au total, 27 victimes seront recensées au procès, à l’issue duquel, malgré une défense cherchant à imiter Henri Désiré Landru alias « Barbe bleue de Gambais », il sera exécuté.

Guy Georges : « Le tueur de l’Est parisien »

1991-1997. Sept jeunes femmes sont retrouvées violées, ligotées et égorgées chez elles ou dans des parkings. Après les frayeurs provoquées par l’assassin des vieilles dames Thierry Paulin… Guy Georges Rampillon est ce « tueur de l’Est parisien ». La police finit par le coincer en 1998, après de nombreux ratés. C’est à la suite de cette affaire et sur l’initiative du juge d’instruction Gilbert Thiel que sera mis en place le fichier national automatisé des empreintes génétiques, d’abord destiné à répertorier les délinquants sexuels.