Île-de-France: Valérie Pécresse dénonce des «élus qui ont ghettoïsé les quartiers»

POLITIQUE Pour la tête de liste des Républicains aux régionales en Île-de-France, le vrai tabou à briser est celui de la mixité sociale et non pas la création de logements sociaux…

20 Minutes avec AFP

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Valérie Pécresse, candidate du parti Les Républicains aux élections régionales, le 2 octobre 2015.
Valérie Pécresse, candidate du parti Les Républicains aux élections régionales, le 2 octobre 2015. — WITT/SIPA

Valérie Pécresse, tête de liste des Républicains (LR) aux régionales en Ile-de-France, a dénoncé mardi des « élus qui ont ghettoïsé des quartiers » pour « des raisons essentiellement électorales », en réponse aux annonces de Manuel Valls lors d’un comité interministériel du Grand Paris.

Le Premier ministre s’est engagé jeudi à « réduire les inégalités » en Ile-de-France. Le gouvernement a notamment annoncé la création de six « opérations d’intérêt national » où l’Etat pourra outrepasser les prérogatives des élus pour construire du logement, et essayer d’atteindre l’objectif de 70.000 nouveaux logements par an qu’il s’est fixé dans la région (60.000 ont été construits en moyenne depuis 2012).

« Quant à l’idée de construire encore des logements sociaux, je dis où ? Parce que si on parle de ghettos, si on parle d’apartheid urbain comme le fait Manuel Valls de manière très forte et très virile, il faut aussi se demander qui en est responsable », a réagi Valérie Pécresse sur LCI et Radio Classique.

« La mixité sociale, ça marche dans les deux sens »

« Là où il y a un vrai tabou à briser, ce n’est pas pour dire qu’il faut construire du logement social partout, c’est la loi, il faut l’appliquer. Non, le vrai tabou c’est de dire que la mixité sociale, ça marche dans les deux sens », a-t-elle dit, dénonçant « ces élus qui ont ghettoïsé des quartiers en y concentrant la misère sociale pour des raisons essentiellement électorales ».

« Il faut aller à Evry (dont Manuel Valls fut maire), il faut aller à Courcouronnes où se rend le président de la République aujourd’hui (il se rend en fait à La Courneuve, NDLR) et se dire qu’en ayant empilé de la misère sociale sur de la misère sociale, construit du logement social sur du logement très social… Allez à Sartrouville, à Mantes-la-Jolie, à Chanteloup-les-Vignes, à Drancy, allez dans les villes populaires aujourd’hui dirigées par la droite depuis un certain nombre d’années, vous y verrez des maires totalement engagés à détruire les ghettos et reconstruire leurs villes en y amenant de la mixité sociale », a développé la députée des Yvelines.

« Moi, je romprai le tabou de dire que la mixité sociale, c’est dans les deux sens. Si je suis présidente de région, je refuserai de financer du logement très social là où il y en a déjà 30, 40, 50 %. On financera de l’accession sociale à la propriété et du logement intermédiaire pour les classes moyennes », a promis Valérie Pécresse.

« Une moranisation du discours de Valérie Pécresse »

Le conseiller régional PS d’Île-de-France, François Kalfon, responsable presse de la campagne de Claude Bartolone, n’a pas tardé à réagir. Il dénonce une « moranisation rampante » des discours de Valérie Pécresse. François Kalfon fait aussi le rapprochement avec un tweet de Geoffroy Didier, le porte-parole de Valérie Pécresse qui reproche à Claude Bartolone la réception d’une association musulmane dans ses bureaux de l’Assemblée nationale. Derrière ces attaques, il y a cette volonté d’ethniciser la campagne des élections régionales en Île-de-France, de faire la course aux voix du FN. C’est grave. »

#Bartolone reçoit une assoc musulmane de Montfermeil à la présidence de l’AN ! En tant que… candidat PS à la région d’IDF ? #mélangedesgenres

— Geoffroy Didier (@GeoffroyDidier) 19 Octobre 2015

 

Sur le logement social plus précisément, « les maires de gauche ne font que respecter la loi SRU, réagit François Kalfon. Et parmi ces maires qui ont déjà 40 % de logements sociaux sur leurs communes, j’en connais aucun qui serait contre moins de mixité sociale dans sa ville. »