J’ai testé Vélib’

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Le soleil était-il trop ardent ? Ou Paris s'est-il déjà vidé pour les vacances au lendemain du 14 juillet ? Peu avant 14H00, quatre bicyclettes seulement sur 39 disponibles avaient trouvé preneurs devant le Louvre des Antiquaires, non loin du Palais Royal et du Conseil d'Etat.
Le soleil était-il trop ardent ? Ou Paris s'est-il déjà vidé pour les vacances au lendemain du 14 juillet ? Peu avant 14H00, quatre bicyclettes seulement sur 39 disponibles avaient trouvé preneurs devant le Louvre des Antiquaires, non loin du Palais Royal et du Conseil d'Etat. — Mehdi Fedouach AFP

Lundi, je pars travailler d’un pas léger. Grâce à Vélib’, je sais qu’aujourd’hui, la moiteur parisienne sera rendue plus supportable par le vent qui soufflera dans les cheveux et fera légèrement voler la jupe.

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La chance des débutants
Station Vélib’ de la rue de Dunkerque (10è), première bonne nouvelle: deux experts aident le chaland à prendre en main le système. «C’est triché, je suis journaliste et je viens de réaliser un dossier sur Vélib’, donc je suis moins perdue», je lance à l’homme à casquette blanche. «D’autres gens ne sont pas dans votre cas et ne sont pas perdus pour autant», me mouche-t-il.

En quelques secondes. N’ayant pas encore reçu mon abonnement annuel (que j’ai choisi de greffer sur mon Navigo) envoyé il y a 14 jours, j’opte pour l’abonnement journée, à 1 euro. En quelques instants, le tour est joué, me voilà munie d’un ticket (look ticket de parking). Le (charmant) jeune homme me libère mon vélo et me le met en main. Plus qu’à régler la selle et à pédaler.

Premier accroc.
Rue de Maubeuge, un car scolaire garé en double fil bouche la circulation. Pas de panique, mais pas incivique, je «remonte la file» de voitures façon motard. Oups, un accrochage à un rétroviseur, je mets ma main devant ma bouche, hausse les épaules et fais mes gros yeux en guise d’excuses…. Et file.
Arrivée rue de la Victoire, la station la plus proche du bureau, coup de chance, il reste une (dernière) place libre. J’abandonne le vélo. Retrouverai-je un jour le numéro 9250?

En retard pour cause de Vélib’

Midi, j’ai rendez-vous pour déjeuner à 15 minutes à pieds du bureau. J’enfourche un Vélib’, me renseigne sur la station où je pourrai le rendre aux abords des Tuileries, y arrive à peine 5 minutes plus tard, satisfaite de mon calcul. Premier hic, la station est pleine. Deux bornettes ne fonctionnent pas, il n’y a pas âme qui vive…. La tuile. Je repère sur le plan la station la plus proche, je m’y rends (à pied, en poussant l’engin de 22 kilos) et rebelote, pas une place pour accueillir ma monture.

Faire la queue ou le tour du quartier. Je retourne à la première et poireaute 5 minutes, essayant même de convaincre les passants de s’abonner, histoire de me libérer une bornette. Sans succès. Finalement, c’est rue d’Anjou, à presque 15 minutes à pieds de mon lieu de rendez-vous que je suis libérée. J’envoie un texto: «en retard pour cause de Vélib». Heureusement pour moi, ce n’était pas un déjeuner décisif. Morale de l’histoire: avant de prendre un Vélib’, mieux vaut savoir qu’on risque d’être en retard. Sinon, les pieds ou le métro sont toujours plus sûrs.
Le soir, je compte rentrer chez moi à Vélib’. Deux bonnes raisons m’en empêchent: la première, mon léger état d’ébriété dû à un pot, la seconde, il pleut des cordes…

J+2 Je suis maudite

Ponctuel, l’abonnement annuel Vélib’ est arrivé quinze jours après l’envoi de mon courrier. Désormais usagère privilégiée du service, je peux me permettre d’emprunter un vélo à une station dite secondaire, équipée uniquement de bornettes. D’un simple bip de ma carte «sans contact», je suis censée libérer l’engin.

Premier essai rue Léon (18è), en pleine Goutte d’Or, l’un des derniers quartiers « chauds » de la capitale, au cœur de nombreux trafics, de drogue notamment. « S’ils installent des stations là-bas, elles seront détruites en un quart de seconde », pronostiquaient les mauvaises langues. Je ne sais pas si c’est un fait du vandalisme ou un défaut de fonctionnement mais le fait est là, tout est au point mort pas une lumière à l’horizon, ni sur la borne, ni sur les bornettes.

Maudite. Ayant bien repéré chaque station du quartier, je tente ma chance ailleurs. Je bipe mon pass sur la bornette et rien ne se produit. J’appuie en vain sur un bouton qui refuse de s’enfoncer, le voyant lumineux passe du vert au rouge puis au vert, mais impossible de retirer le biclou. J’essaie chaque vélo un par un. Idem. Je semble maudite: le seul vélo qui se détache a un pneu crevé… Un curieux constate mes déconvenues et me lance: «pas super au point de système». Encore un qui n’est pas près de s’abonner.

Sophie CAILLAT

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