Paris: Ras-le-bol des gens qui changent la musique en soirée? Deux jeunes ont la solution

NUMERIQUE Inventé en 2013 par Thibault Taupin et Louis Aubert, Tracktl est une application gratuite qui permet de prendre de façon collaborative le contrôle d’un environnement musical…

Romain Lescurieux

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Une personne en train d'utiliser l'application
Une personne en train d'utiliser l'application — Tracktl

Qui ne l’a jamais croisé lors d’une soirée ? Lui, ce type qui change la musique en plein milieu d’une chanson engendrant un blanc, le lancement d’une publicité et l’énervement des convives.

« C’est pour éviter ces batailles de coudes qu’on a inventé Tracktl », explique Thibault Taupin, 26 ans, cofondateur de cette application qui permet à tout le monde et finalement personne d’avoir le contrôle du son. « Nous avons numérisé le concept du juke-box », dit-il, attablé dans une salle de réunion de l’incubateur parisien, Petit Poucet.

« Si Le petit bonhomme en mousse n’a aucun vote, il sera diffusé en dernier »

Fondé 2013 par cet ancien étudiant de Central Paris et Louis Aubert d’Euromed Marseille, Tracktl est basé sur un système de gestion musicale collaborative. Il permet aux gens lors d’un événement de rajouter une chanson dans une playlist et au fur et à mesure, chacun peut voter pour tel ou tel titre proposé. La chanson qui récolte alors le plus de suffrages remonte instantanément pour être diffusée.

« De cette façon, personne ne peut court-circuiter la playlist et prendre la main dessus », affirme Thibault. « Si Le petit bonhomme en mousse est proposé mais n’a aucun vote, il sera diffusé en dernier », ajoute celui qui avait d’abord eu l’idée lors d’un voyage en Asie de numériser les catalogues de chansons pour les karaokés.

Convaincus de leur produit, les deux jeunes startupers ont vite compris que leur « juke-box » 2.0 pouvait même s’intégrer au-delà des soirées privées : Bars, soirées d’entreprises, festivals et magasins. Et même dans le métro parisien. L’endroit, où ils ont buzzé au printemps dernier avec cette vidéo qui a fait « tripler notre communauté Facebook », sourit Thibault.

1.000 euros pour une soirée d'entreprise, 25.000 euros pour le Hellfest

« Tous les lieux où il y a aujourd’hui de la musique ont un intérêt à engager les gens dans leur univers », affirme Thibault. Depuis plusieurs mois, Tracktl réalise même des partenariats avec le Club Med et Vinci Autoroute, pour des animations entre co-voitureurs. « Chacun est plus ou moins DJ à partir du moment où il est possible d’interagir avec la playlist du lieu. Si en entrant dans un magasin je veux soumettre une idée de chanson je peux ». Ces endroits peuvent toutefois prédéfinir une identité sonore.

Trakclt peut aussi proposer des fonctionnalités adaptées, créant ainsi un lien avec l’audience. Des prestations qui sont par exemple payées 1.000 euros par une entreprise pour une soirée, jusqu’à 25.000 euros pour les dix ans du Hellfest. « Dans les bars, nous affichons en grand dans les bars le visuel de la playlist. Ainsi, on voit les messages qui sont postés et dès que quelqu’un ajoute une chanson, on voit sa photo ». Seules les boîtes de nuit ne sont pas la cible des deux jeunes. « Nous ne voulons pas nous mettre en concurrence avec les DJ. Ils cherchent une expérience avec le public. Nous pouvons être en complément ».

Une levée de fonds en fin d’année

Connecté aux catalogues musicaux de Deezer, Soundcloud, YouTube et bientôt Spotify, Tracktl sert de passerelle. Et n’engendre donc aucun problème de droits d’auteurs. Tracktl qui va avoir un nouveau site dans quelques jours recense 45.000 utilisateurs et 55.000 événements ont été créés sur leur plateforme. Sur l’année 2015, la start-up a fait 100.000 euros de chiffres d’affaires. Une levée de fonds est même prévue en fin d’année 2015.