Paris

Château abandonné cherche bon prince

Visite royale, ce soir, pour le maire de Boulogne (Hauts-de-Seine). Jean-Pierre Fourcade doit recevoir Khalid I Abdulaziz al-Ibrahim, membre de la famille princière saoudienne, pour tenter de trouver une issue au dossier « Château Rothschild ». La famille

Visite royale, ce soir, pour le maire de Boulogne (Hauts-de-Seine). Jean-Pierre Fourcade doit recevoir Khalid I Abdulaziz al-Ibrahim, membre de la famille princière saoudienne, pour tenter de trouver une issue au dossier « Château Rothschild ». La famille qui règne sur l’Arabie saoudite est propriétaire depuis 1986 de cette immense demeure du XIXe siècle, située en bordure du bois de Boulogne et laissée à l’abandon. Les Saoudiens avaient pourtant déboursé 45 millions de francs (6,86 millions d’euros) pour l’acquérir, précisant dans l’acte de vente que « d’importants travaux de restructuration » auraient lieu. Resté vide, le site est régulièrement squatté, entièrement taggé, et a été partiellement incendié à plusieurs reprises. En juin, le conseil municipal entamait une procédure d’« abandon manifeste », laissant six mois au propriétaire pour faire des travaux, sous peine d’expropriation. Jusqu’à présent, les mises en demeure de la ville de Boulogne et les demandes des Monuments historiques n’avaient pas suscité la moindre réaction. A la fin des années 90, le château Rothschild intéresse Bouygues et le groupe Lucien Barrière, qui souhaitent le transformer en hôtel de luxe. En 2001, ils renoncent, jugeant le prix demandé trop élevé vu l’importance des travaux à prévoir. La mairie annonce qu’en cas d’expropriation, « elle n’a pas vocation à rester propriétaire ». Il lui faudra toutefois trouver un acquéreur assez riche pour assumer la rénovation du lieu. Grégory Magne

affaire Si le château reste en l’état et que la mairie obtient l’expropriation de la famille royale saoudienne, la justice pourrait alors en accorder la propriété à la ville de Boulogne, et ce, pour la somme symbolique d’un euro.