Eboueurs en grève à Paris: La «situation s'améliore», selon la mairie

SOCIAL Mais l'incertitude sur la poursuite du mouvement demeure cependant, alors qu'une délégation des grévistes doit être reçue en mairie dans l'après-midi...

M.G. avec AFP

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Les poubelles s'entassent dans plusieurs quartiers de Paris, le 8 octobre 2015.
Les poubelles s'entassent dans plusieurs quartiers de Paris, le 8 octobre 2015. — Jacques Brinon/AP/SIPA

Il y aurait du mieux. Selon la mairie de Paris, la situation de la collecte des ordures à Paris «s'améliore» au quatrième jour de grève des éboueurs de la capitale, mais l'incertitude demeure sur la poursuite de leur mouvement. «Aujourd'hui, la situation s'améliore mais nous sommes incapables de dire ce que sera la situation demain», a indiqué devant la presse Mao Peninou, adjoint chargé de la propreté de la ville.

Un préavis de grève reconductible ayant été déposé lundi, la Mairie ne pouvait préciser si la grève des éboueurs - qui se joint ce jeudi à une journée d'action nationale de la CGT - serait effectivement reconduite vendredi. Les responsables de la CGT propreté n'avaient pu être joints jeudi.

3.000 tonnes de déchets non collectés

Les éboueurs municipaux observent depuis lundi, à l'appel de la CGT, une grève pour demander des promotions pour tous. La grève, suivie variablement selon les jours, affecte les dix arrondissements (sur 20) où la collecte est assurée par les 4.900 agents municipaux, les dix autres étant sous la responsabilité de sociétés prestataires extérieures.

Ainsi, mercredi, 3.000 tonnes de déchets n'avaient pas été collectés, a indiqué Mao Peninou. Les internautes parisiens ne se privaient pas ainsi depuis plusieurs jour de publier les photos des poubelles débordantes sur les trottoirs. Depuis mardi, en fonction du nombre variable des grévistes, des bennes des sociétés prestataires extérieures ont été affectées au ramassage. «Le stock de la non-collecte a commencé à baisser» et les petites rues du centre, touristiques et étroites et donc sensibles, «ont commencé à être complètement débarrassées», selon Mao Peninou.

Une délégation des grévistes devait être reçue en mairie dans l'après-midi, a précisé Emmanuel Grégoire, adjoint en charge des ressources humaines. L'adjoint, qui a reconnu le bien-fondé des préoccupations des grévistes sur leur pouvoir d'achat, les a néanmoins appelés à «jouer le jeu». «Ils ne doivent pas rentrer dans la négociation en disant, "c'est 100% ou rien"», a-t-il dit.

Pour appuyer leurs revendications, entre 300 et 400 grévistes ont par ailleurs envahi jeudi matin, bruyamment, mais dans le calme, la mairie du 10e proche de la Bourse du Travail. Une centaine d'entre eux occupaient toujours en milieu de journée le hall, la salle des mariages et la salle des fêtes, mais pas les bureaux, a indiqué Rémi Féraud (PS), maire du 10e arrondissement.