Paris : Cette année, la Grande roue gagne 8 mètres et 8 mois de plus place de la Concorde

ATTRACTION Autant dire qu’on va la voir dans le ciel parisien. Pour les élus centristes du conseil de Paris, la ville gère très mal le dossier…

Fabrice Pouliquen

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Il faudra s'habituer à la Grande roue dans le ciel de Paris cette saison.
Il faudra s'habituer à la Grande roue dans le ciel de Paris cette saison. — FRANCOLON XAVIER/SIPA

Plus haute et bien plus longtemps en place… Il faudra s’habituer cette année à voir la Grande Roue de Marcel Campion dans le paysage parisien. Depuis 1993, l’attraction trône chaque année place de la Concorde. Le plus souvent pour trois mois, de mi-novembre à mi-février.

Mais la saison qui s’annonce prévoit huit mois de rab, du 6 novembre 2015… au 23 septembre 2016. L‘Euro 2016, le championnat d’Europe de football qu’accueille la France à compter du 10 juin prochain, justifierait la rallonge. Paris voit dans cette grande roue un moyen de promouvoir la compétition et mettre les touristes et Parisiens dans l’ambiance.

Une roue de 65 mètres avec six nacelles en plus

D’ailleurs, pour l’occasion, Marcel Campion a fait construire une toute nouvelle roue. « Elle fera 65 mètres et non plus 57. Elle comptera aussi 48 nacelles et non plus 42, toutes décorées des visages des joueurs emblématiques des 24 équipes l’Euro », précise le roi des forains, propriétaire également à Paris du marché de Noël.

Faut-il s’en réjouir ? La délibération n’a guère fait débat au conseil de Paris. Seul Eric Azière, président du groupe UDI-Modem, s’est ému. L’élu n’a rien contre les grandes roues, ni contre Marcel Campion mais il s’étonne de la façon dont la mairie gère le dossier. Un appel d’offres a été lancé au début de l’été pour attribuer l’exploitation de la Grande roue sur les prochaines années. « Le marché ne manque pas d’intérêt, non ? Pourtant, il n’a suscité que deux candidatures, s’étonne-t-il. Elles ont été toutes deux écartées car elles n’auraient pas répondu aux garanties techniques demandées et la mairie de Paris a ainsi décidé de confier une année la Grande Roue à Marcel Campion. « Tout cela est très opaque, estime Eric Azière. Qui étaient ces deux candidats ? Quelles étaient ces contraintes ? J’ai plusieurs fois essayé d’en savoir plus. Sans résultat. »

« Le monde forain me respecte »

« Les appels d’offres sont très réglementés et nous avons scrupuleusement la procédure », répond-on à la mairie de Paris qui précise qu’un nouvel appel d’offres sera lancée à l’automne pour attribuer la concession pour les années de 2017 à 2019. Marcel Campion se dit serein. « S’il n’y avait que deux candidats cette année, c’est que le monde forain me respecte. Toutes les entreprises qui exploitent les grandes roues dans le monde me connaissent et savent les risques que j’ai pris pour installer une grande roue à Paris. »

Le roi des forains le rappelle à tue-tête : « Beaucoup de villes se sont inspirées de mon expérience lancée en 1993 pour installer [ou réinstaller] à leur tour une grande roue. Il y en a 127 aujourd’hui dans le monde, dont environ 80 qui ne sont jamais démontées. A Londres, c’est un succès. »

Une redevance qui pose question

Vous l’avez compris, Marcel Campion milite pour une installation toute l’année de la grande roue place de la Concorde. Ce n’est pas tant pour lui à l’écouter. « Je gagne ma vie avec mes manèges, assure-t-il. Tous les bénéfices tirés de la Grande Roue depuis 1993 sont réinvestis. » Tout de même, le nouveau contrat passé avec la mairie de Paris lui est favorable, note Eric Azière. La redevance demandée par la ville passe de 500.000 euros pour trois mois d’exploitation à seulement 1,2 million pour dix mois. Un joli cadeau. »