L’Île-de-France, la SNCF et la RATP scellent un nouveau partenariat de 20 milliards d’euros

TRANSPORT La région versera 11 milliards d’euros sur cinq ans à la RATP et 9 milliards sur quatre ans à la SNCF. Les deux contrats entreront en vigueur en 2016…

Fabrice Pouliquen

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Un train «Transilien» en direction de la Gare Saint-Lazare, à Paris, en octobre 2013
Un train «Transilien» en direction de la Gare Saint-Lazare, à Paris, en octobre 2013 — JPDN/SIPA

Vingt milliards d’euros… Le moins que l’on puisse dire, c’est que les deux contrats pèsent lourd. Ils unissent la région Île-de-France, via le Stif (Syndicats des transports d’Île-de-France) qu’elle préside, à la SNCF et à la RATP pour l’exploitation du réseau de transports en commun pour les années à venir à compter du 1er janvier 2016.

« Huit mois de négociations parfois difficiles »

Pour la RATP, qui exploite les 16 lignes du métro parisien, les huit lignes franciliennes de tramway, une partie des lignes de bus et une partie des RER A et B, le contrat porte sur cinq ans (2016-2020) et verra le Stif attribuer plus de 11 milliards d’euros à la régie de transport. Pour la SNCF, en charge de 14 lignes ferroviaires en Île-de-France dont la majeure partie des RER A, B, C et D, le contrat s’étale sur quatre ans (2016-2019) et prévoit un versement de plus de 9 milliards d’euros à l’entreprise ferroviaire.

Ces deux contrats ne sont pas encore signés, il faut encore les faire voter aux conseils d’administrations des trois institutions. Cela sera fait dans les prochains jours. Reste que Guillaume Pépy, PDG de SNCF Mobilité et Elisabeth Borne, son homologue à la RATP et Jean-Paul Huchon, président de la région Île-de-France encore pour quelques mois, se félicitent déjà des accords trouvés. « Malgré huit mois de négociations parfois difficiles », précise tout de même ce dernier.

650 embauches promises dès 2016

Vingt milliards d’euros donc, ça laisse des marges de manœuvre pour agir. La RATP et la SNCF annoncent d’ores et déjà la création à eux deux de 650 emplois dès le début des contrats. « La RATP recrutera 160 machinistes supplémentaires pour ces 40 lignes de bus qui rencontrent le plus de difficultés mais aussi 200 agents pour renforcer les équipes d’accompagnement de bus de nuit et ses Groupes de protection et de sécurisation des réseaux (GPSR). La SNCF, elle, annonce l’embauche de 240 agents et de 50 médiateurs pour renforcer la présence humaine en gare et le niveau de sécurité sur l’ensemble du réseau.

Il faudra aussi investir !

La SNCF et la RATP devront aussi poursuivre l’amélioration du réseau francilien. C’est une autre contrepartie de ces deux contrats. Elisabeth Borne annonce ainsi un plan d’investissement de 8,2 milliards d’euros de 2016 à 2020. Au programme ? « L’automatisation de la ligne 4 du métro, le prolongement de quatre lignes (4, 11, 12 et 14), l’arrivée de nouveaux trains sur la ligne de RER A d’ici à 2017, ou encore la poursuite du renouvellement du parc d’autobus », liste la PDG de la RATP. Une enveloppe de 125 millions d’euros sera aussi allouée pour renforcer l’offre de transport, notamment en soirée et la nuit.

La SNCF, quant à elle, annonce 3,8 milliards d’euros d’investissements. Guillaume Pépy veut les allouer au renouvellement du matériel roulant. « Quarante trains neufs arriveront chaque année, précise-t-il. Nous allons aussi refaire le système d’information dans toutes les gares transiliens. Les écrans donneront des données beaucoup plus efficaces sur les horaires réels y compris les correspondances. »