«Grand Paris»: les élus réagissent

Recueilli par Magali Gruet et Mickaël Bosredon

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«20 Minutes» a contacté plusieurs maires de villes limitrophes de Paris pour savoir ce qu’ils pensent du projet de «Grand Paris»

Gilles Catoire, maire PS de Clichy-la-Garenne (92)

«Il faut une structure forte à l'échelle de l'agglomération parisienne, soit 144 communes, pour régler les problèmes de logement et de circulation. Paris ne peut pas décider seul. Mais ce n'est ni à Sarkozy, qu'on n'a pas attendu, ni à l'Etat de décider.»

Jean-Luc Laurent, maire MRC du Kremlin-Bicêtre (94)

«Sarkozy remet en cause la décentralisation au profit d'un projet dont l'objectif est la conquête de Paris et de la région par ses amis politiques. Il devrait plutôt donner à la région les moyens d'affronter les enjeux financiers du transport et du logement.»

Bernard Gauducheau, maire NC de Vanves (92)

«La région a connu une croissance importante, mais n'a pas adapté ses institutions. La commune, le département, la région et l'Etat sont un millefeuille incompréhensible. La cellule de base doit rester la commune, et la communauté d'agglomération doit faire le lien entre elle et l'Etat.»

Laurent Lafon, maire NC de Vincennes (94)

«La constitution d'une agglomération permettrait d'arrêter de réfléchir dans la limite de nos communes. Il faut voir comment la composer, mais ça fonctionne très bien à Lyon et à Marseille, et les conseils régionaux n'ont pas été mis en cause pour autant. J'y suis favorable depuis des années.»

Jacques J. P. Martin, maire UMP de Nogent-sur-Marne (94)

«Dans les concertations, chacun défend sa position, mais celui qui a la plus grande force de lobbying l'emporte. L'Etat doit nous obliger à établir notre avenir ensemble. Cette structure devra notamment capter la taxe professionnelle pour mieux la redistribuer.»

Pierre Gosnat, maire PCF d'Ivry-sur-Seine (94)

«Je ne suis pas d'accord, car nous avons déjà des outils de coopération entre Paris et sa banlieue. Le schéma directeur d'Ile-de-France s'est fait en concertation et le Président ne semble pas respecter le travail accompli. Il voudrait que Paris soit chapeauté par l'Etat.»

Jean-Marie Brétillon, maire UMP de Charenton (94)

«On multiplie les centres de décision et on manque de coordination. Les petites villes sont seules contre Paris et ne peuvent pas l'emporter. Il faudrait pouvoir discuter sans cet esprit de compétition, mais dans l'intérêt de l'agglomération, en matière de transports et d'économie.»


Gérard Cosme, maire PS du Pré-Saint-Gervais (93).

«Sur le fond, je suis pour, mais je suis très étonné que Nicolas Sarkozy veuille remettre en cause tout le travail effectué pour le Sdrif. Ce document a pourtant montré qu'il fallait densifier l'agglomération parisienne, rendant pertinente l'idée d'une communauté urbaine.»

Christian Dupuy, maire UMP de Suresnes (92)

«Je suis pour, à condition que Paris n'annexe pas les autres villes. Au contraire, cette structure doit équilibrer les pouvoirs et décider des projets prioritaires. Reste à savoir à quelle échelle la créer: Paris et les villes limitrophes, ou Paris et la petite couronne?»

Patrick Beaudouin, maire UMP de Saint-Mandé (94)

«Il nous faut un interlocuteur unique, l'Etat, qui doit engager un plan radical d'emprunt pour que l'on investisse dans les transports sur cent ans. Aujourd'hui, le Stif construit un bout de ligne ci et là. Il nous faut aussi être cohérent en termes de logement et d'emploi.»