Puteaux : La maire accusée de retirer des lingots d’un compte au Luxembourg

EVASION FISCALE D’octobre 2008 à avril 2009, Joëlle Ceccaldi-Raynaud aurait fait retirer en une dizaine d’aller-retour 102 lingots d’or, d’une valeur de deux millions d’euros…

Fabrice Pouliquen

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Joëlle Ceccaldi-Raynaud, maire de Puteaux (Hauts-de-Seine) en 2009.
Joëlle Ceccaldi-Raynaud, maire de Puteaux (Hauts-de-Seine) en 2009. — JOBARD/SIPA

Les documents sont embarrassants pour Joëlle Ceccaldi-Raynaud, la maire LR de Puteaux (Hauts-de-Seine). Ils relatent des retraits qui auraient été effectués par l’élue, réélue triomphalement en juin dernier, sur un compte caché au Luxembourg, relate Médiapart, qui a révélé jeudi soir ces documents livrés à la justice français par le duché du Luxembourg l’an dernier.

Les documents évoquent plusieurs retraits entre le 16 octobre 2008 et le 23 avril 2009. Comme celui du 16 octobre 2008, raconte Médiapart. Un mystérieux personnage pénètre dans un discret hôtel particulier du boulevard Emmanuel-Servais, qui abrite le siège de la Banque privée Edmond de Rothschild. Sa mission : vider l’ancien compte secret de la maire Les Républicains (LR) de Puteaux, Joëlle Ceccaldi-Raynaud, désormais au nom de sa fille. Le caissier aurait remis à l’individu 180.000 euros en liquide et 20 lingots d’un kilo d’or.

Dix allers-retours pour vider le compte

Dix allers-retours auraient été nécessaires pour clore le compte, le 23 avril 2009. Au total, 2,86 millions d’euros ont été récupérés, selon le site, qui assure qu’il y en avait pour 865.300 euros en liquide. L’essentiel de l’argent était sous forme de 102 lingots d’or, d’une valeur de 2 millions à l’époque.

Jean-Michel Bergès, juge d’instruction au TGI de Nanterre, sur le bureau duquel les documents sont depuis un an, devra éclaircir la provenance de ces sommes. Ce compte caché n’est pas un scoop. Le Canard Enchaîné en avait révélé l’existence en 2011, poussant alors Joëlle Ceccaldi-Raynaud à envoyer ses employés municipaux acheter la plupart des 600 exemplaires de l’hebdomadaire présents sur sa commune.

Sur fond de soupçons de pots-de-vin, dans le marché de la chaufferie de la Défense, la maire de Puteaux avait admis l’existence de ce compte ouvert en 1996. Mais elle affirmait alors que l’argent lui venait de sa grand-mère et qu’il avait été rapatrié légalement en France. Une explication aujourd’hui discréditée par les documents qui évoquent des visites discrètes à la banque Rotschild du Luxembourg.