L'héritage Haussmann et Delouvrier clairement revendiqué

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Le débat sur le « Grand Paris » ne remonte pas à la semaine dernière. Deux grandes dates ont marqué la construction de la capitale et de la région telles qu'on les connaît aujourd'hui : 1853 et les travaux du baron Haussmann, qui perce de larges boulevards rectilignes dans la capitale, qu'il dote de vingt arrondissements (contre douze auparavant), et 1961, date à partir de laquelle Paul Delouvrier construit les cinq villes nouvelles de la région et le réseau de RER.

L'opinion publique réclame des travaux depuis 1830 quand Haussmann est nommé préfet de la Seine en 1853. Paris est alors une petite ville encore médiévale. Napoléon III a lui-même tracé le plan du nouveau Paris auquel il aspire, qui passe par de grandes percées est-ouest et nord-sud, ainsi que des liaisons entre les grandes gares.

A sa nomination par le général de Gaulle, Paul Delouvrier crée, lui, le district de la région parisienne pour remédier aux déséquilibres et aux manques administratifs entre Paris et les communes de la première couronne, du département de la Seine et de la deuxième couronne. L'Ile-de-France passe alors de trois départements (Seine, Seine-et-Oise, Seine-et-Marne) à huit.

Un siècle sépare les travaux de ces hommes d'Etat, mais la filiation entre les deux, présentés comme des personnages à poigne, est évidente. Même les conditions de leurs nominations sont similaires : Haussmann est nommé par Louis-Napoléon Bonaparte pour transformer Paris et en faire une métropole prestigieuse ; Delouvrier est appelé par de Gaulle pour « mettre de l'ordre » dans la région parisienne. C'est de cet héritage que Nicolas Sarkozy se réclame. « Une vision jacobine », s'exaspèrent ses opposants, qui rappellent que depuis, la décentralisation est passée par là. Et que le maire de Paris a créé une structure, la Conférence métropolitaine, pour échanger avec les maires de banlieue. Mais où l'Etat n'a pas sa place.