Paris: L’ex-appartement de Frigide Barjot transformé en colocation étudiante

LOGEMENT SOCIAL Cinq boursiers vivent depuis le 27 août dans cet espace de 173m² à deux pas du Champ de Mars...

Fabrice Pouliquen

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Roxane, étudiante en Langue et Civilisation étrangères (LCE) japonnais, prend ses marques dans sa nouvelle chambre. Lancer le diaporama
Roxane, étudiante en Langue et Civilisation étrangères (LCE) japonnais, prend ses marques dans sa nouvelle chambre. — F. Pouliquen / 20 Minutes

Le grand luxe. Ce n’est pas tant que l’appartement est richement décoré, mais le fait d’habiter dans 173m² à deux pas de la tour Eiffel réjouit Adam au plus haut point. « En venant à Paris, je m’attendais à vivre dans une petite chambre de quelques mètres carrés dans une cité universitaire », sourit l’étudiant à Sciences Po Paris, tout juste débarqué de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique).

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Des loyers compris entre 450 et 550 euros

A la place, Adam logera dans ce triplex du 51 rue de la Fédération, dans le 15e arrondissement, avec quatre autres étudiants. Le tout pour des loyers oscillant entre 450 et 550 euros. L’adresse n’est pas si inconnue. C’est dans ce logement social de la Régie immobilière de la ville de Paris (RIVP), qu’à vécu Frigide Barjot, l’ex-chef de file de la Manif pour tous, avant de devoir quitter les lieux, le15 octobre dernier, sur décision de justice. Le tribunal d’instance du 15e arrondissement avait estimé que Virginie Tellenne, alias Frigide Barjot, et son mari Bruno Tellenne, alias Basile de Koch, domiciliaient illégalement une activité commerciale dans les locaux loués. Celle de leur société d’éditions : Jalons.

« La page est tournée », lançait ce mardi matin Ian Brossat, adjoint PCF d’Anne Hidalgo en charge du logement, lors d’une grande opération de communication mise en place pour inaugurer cette colocation étudiante.

« Que ce logement profite à des étudiants qui en ont besoin »

Difficile de ne pas y voir un brin de revanche dans le sourire affiché ce mardi matin par Ian Brossat, lui qui s’était écharpé avec Frigide Barjot à plusieurs reprises sur les réseaux sociaux. « Il n’est pas acceptable que des gens abusent du logement social et il était nécessaire de mettre à terme à une situation anormale, dit seulement Ian Brossat. Je suis heureux de voir que ce logement profite désormais à des étudiants qui en ont besoin et qui respectent les règles. »

Outre Adam, Roxane, Mathilde, Selma et Nadia, âgées de 19 à 21 ans sont les autres heureuses élues. Tous les cinq sont étudiants et boursiers. Tels étaient les deux principaux critères pour être sélectionnés. Postée mi-juillet sur la plateforme de logements étudiants Lokaviz, l’annonce a suscité 80 candidatures en à peine une semaine. Il y en aura d’autres, promet Serge Cantat, directeur général de la RIVP. Le bailleur social veut développer les colocations étudiantes dans son parc de logements sociaux : « Nous avons commencé il y a trois ans pour arriver aujourd’hui à 60 logements transformés en colocations étudiantes. L’idée serait d’en avoir 200 au plus vite. »

75.000 euros pour remettre l’appartement en état

Pour l’ex-appartement de Frigide Barjot, la RIVP a investi 75.000 euros pour remettre un état « un logement qui n’avait pas été très bien entretenu », juge Serge Cantat. De leur côté, Adam, Roxane, Mathilde, Selma et Nadia, arrivés le 27 août, prennent peu à peu leurs repères dans leur triplex.

« Il manque encore quelques meubles dans les parties communes et il reste encore des règles de vie commune à définir », sourit Selma. Des chambres spacieuses, des salles de bains à chaque étage et une terrasse à faire des envieux devraient en tout cas éviter bon nombre de querelles. A part peut-être pour faire le ménage !