Cop 21: Le grand ménage en Seine-Saint-Denis avant l’arrivée des chefs d’Etats ?

SEINE-SAINT-DENIS Dans deux mois, les caméras du monde entier seront braquées sur la Seine-Saint-Denis. Forcément, le département veut se présenter sous son meilleur jour…

Fabrice Pouliquen

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A l'occasion de la Cop 21, les caméras du monde entier seront braquées sur la Seine-Saint-Denis. De quoi pousser le département à se présenter sous son meilleur jour.
A l'occasion de la Cop 21, les caméras du monde entier seront braquées sur la Seine-Saint-Denis. De quoi pousser le département à se présenter sous son meilleur jour. — JACQUES DEMARTHON / AFP

« Vous faites ça chez vous ? » La question devrait être posée à brûle-pourpoint aux automobilistes franciliens en légende d’une photo montrant un pneu et des monticules de déchets aux abords d’une autoroute. Plusieurs panneaux de sensibilisation seront apposés d’ici peu le long des routes et autoroutes franciliennes, véritables déchetteries à ciel ouvert en certains endroits. En particulier l’A1 qui relie la capitale à l’aéroport de Roissy.

Quand et où exactement ? Contactée par 20 Minutes, la Dirif (Direction des routes d’Île-de-France) ne répond pas encore. « La campagne est encore en préparation, dit le service communication de l’institution. Une seule chose est sûre, elle sera en place avant le 30 novembre et le début de la Cop 21, la Conférence pour le climat.

Les caméras braquées sur Le Bourget

L’évènement semble accélérer de nombreux dossiers franciliens. Avec 195 pays participants, une cinquantaine au moins de chefs d’Etats annoncés, 3.000 journalistes et 40.000 personnes attendus au total, il faut dire que la Cop 21 braquera les caméras du monde entier sur Paris. Enfin, pour être précis, la Seine-Saint-Denis, principal théâtre de l’événement. De l’aéroport de Roissy où atterriront les officiels au parc des expositions du Bourget, centre officiel des débats.

De quoi mettre la pression sur les épaules de ce département, d’autant qu’il veut se faire une belle place dans l’organisation des J0 2024 si la candidature de Paris est retenue.

Déjà 25.000 tonnes de déchets ramassés

La Seine-Saint-Denis se met donc sur son 31. Cette campagne de communication n’est que le dernier exemple en date. Sur la propreté des routes, le travail a en fait commencé dès mars dernier avec une grande opération de nettoyage let le déblocage en urgence par l’Etat de 5 millions d’euros. L’opération a déjà permis le ramassage de 25.000 tonnes de déchets sur le réseau autoroutier nord-francilien, selon un premier bilan de la préfecture d’Île-de-France.

Officiellement, ces efforts n’ont rien à voir avec la Cop 21 mais visent juste à améliorer le quotidien des en Seine-Saint-Denis. Ils « ont droit à la propreté et au beau, comme tous les habitants de l’Île-de-France », déclarait ainsi Manuel Valls, en mars dernier, en visite sur un chantier de nettoyage à La Courneuve.

Le Syndicat unifié du bâtiment de la région parisienne, lui, ne se dit pas dupe. « Le nettoyage n’est pas lancé pour le bien-être des habitants sinon cela aurait été fait avant. Il est fait pour la propagande d’état autour de la conférence climat », estime le syndicat sur son site Internet.

Et le camp de Roms du Samaritain ?

Faut-il voir la même intention dans l’évacuation, fin août à La Courneuve, du Samaritan, le plus vieux camp de Roms de France ? Des associations font en tout cas le parallèle, jugeant l’évacuation précipitée. « Cela n’a strictement rien à voir, peste Stéphane Troussel, président du conseil départemental de Seine-Saint-Denis. Cette évacuation est l’aboutissement d’une procédure judiciaire engagée dès 2013 par la mairie de La Courneuve. »

Un point que ne conteste pas Nathalie Godard, coordinatrice de la mission Banlieue Île-de-France chez Médecins du Monde. « Mais, dans les jours qui ont précédé l’expulsion, des policiers sont venus sur le terrain et ont dit aux habitants qu’il y avait une volonté de nettoyage avant la Cop 21 », note-t-elle. « Les associations avaient aussi proposé un plan de sortie progressive du camp qui a été rejeté, déplore Christian Blanc, directeur des Enfants du Canal. On remet subitement à la rue des personnes intégrées, qui travaillaient pour la plupart. »