Jugés pour avoir empêché une expulsion à bord d'un avion

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Deux passagers qui avaient tenté d'empêcher une expulsion le 28 avril à bord d'un vol Paris-Bamako d'Air France encourent des amendes avec sursis de 500 à 1000 €. Une Française de 60 ans et un Franco-Malien de 46 ans comparaissaient hier devant le tribunal de Bobigny pour « provocation à la rébellion ». Les deux voyageurs avaient été débarqués de l'avion, ainsi que deux Maliens qui s'étaient opposés à leur expulsion. L'avion avait décollé deux heures en retard, avec un troisième sans-papiers à son bord.

Le procureur a demandé aux passagers de « ne pas compliquer la tâche » des escortes policières, qui interviennent « dans une situation déjà humainement difficile ». Les avocats des deux passagers ont plaidé la relaxe, estimant de leur côté que leurs clients avaient été choisis « au hasard » parmi une cinquantaine de passagers qui auraient protesté contre la police.

L'accusée assume s'être levée de son siège pour dire sa « honte de la France », « tellement les méthodes me semblaient inhumaines ». Elle a accusé les policiers de « leur avoir mis des coussins sur la tête pour les empêcher de crier », et l'un des policiers de « s'être assis sur un Malien ». Un avocat de la défense a invoqué « le devoir de résistance à l'oppression », inscrit dans la Déclaration des droits de l'homme.

légitime Fait exceptionnel, vendredi, le tribunal de Bobigny a reconnu l'état de légitime défense pour Salif Kamaté, un sans-papiers malien de 50 ans partiellement relaxé pour avoir résisté à la police lors de son expulsion le 26 mai à bord d'un autre vol Paris-Bamako. L'homme avait fait un malaise.