Miser sur le « capital piéton » de Paris

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Et si le mode de transport d'avenir était... la marche ? Celle-ci représente 54 % des déplacements à Paris, mais elle a été « complètement mise de côté ces vingt-cinq dernières années », déplore Véronique Michaux, qui travaille pour la cellule prospective de la RATP. Celle-ci a entamé au début de l'année un travail inédit sur la marche en ville. Il faut dire que plusieurs études montreraient que ce public est un « gisement » pour les transports publics.

Pour Véronique Michaux, il y a un vrai « capital piéton » à Paris. « Le nombre de déplacements à pied a fortement baissé dans les années 1970 et 1980, puis s'est stabilisé. Aujourd'hui, il y a un potentiel pour augmenter la part des marcheurs, mais il faut d'abord replacer la marche comme mode de base de déplacement et penser les autres modes comme complémentaires. » Mais les aménagements urbains - carrefours, grands axes routiers - sont autant d'obstacles pour le marcheur. Les aménagements dans les transports peuvent aussi refroidir certaines personnes. « Par exemple, il est souvent difficile de se repérer à la sortie d'une station quand on ne connaît pas le quartier. Il faudrait donc renforcer la signalétique. Dans les couloirs du métro, il va falloir prendre en compte le fait que personne ne se déplace à la même vitesse, et peut-être organiser les déplacements en voies dédiées. »

vitesse Selon une étude britannique, le rythme de vie des citadins a augmenté de 10 % en dix ans. Des chercheurs ont mesuré la vitesse des piétons dans 32 villes. Les Singapouriens arrivent en tête (10''55 pour 18 m). Paris décroche seulement la 16e place.