Crise des migrants: Vingt-six sites identifiés en Île-de-France pour assurer l’accueil d’urgence

IMMIGRATION La région s’organise pour accueillir le millier de migrants attendus en Île-de-France d’ici ce week-end. Et ceux qui suivront sans doute après…

Fabrice Pouliquen

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Les bénévoles de la Protection civile accueille les premiers réfugiés à la descente du car, à l'île de loisirs de Cergy-Pontoise.
Les bénévoles de la Protection civile accueille les premiers réfugiés à la descente du car, à l'île de loisirs de Cergy-Pontoise. — F. Pouliquen / 20 Minutes

Soixante-dix bénévoles pour 46 migrants. Pour Yannick Blanc, préfet du Val d’Oise, c’est la première surprise de la journée. Il y avait, ce mercredi midi au centre de séjour Albert-Renaud, sur l’île de loisirs de Cergy, plus de bénévoles que de réfugiés à accueillir. « Pourtant, l’accueil s’est préparé dans l’urgence, confie-t-il. Je n’ai pu réunir les associations que mardi après-midi. La mobilisation en dit long sur la disponibilité des Français pour accueillir ces réfugiés. »

La nécessité d’être endurant

Certes, à Cergy ce mercredi, il n’y avait pas, comme à Munich ce week-end, des ballons de baudruche, des dizaines de banderoles et des haies d’honneurs pour accueillir les réfugiés. Mais l’essentiel était assuré avec la présence de la Croix Rouge Française, de la Protection Civile, du Secours Catholique, de traducteurs et même d’un groupe de huit réfugiées érythréennes, passées par le camp démantelé de La Chapelle et qui ont tenu à souhaiter la bienvenue à ces 46 réfugiés.

Une première réussie, également du côté de la commune de Champagne-sur-Seine (Val de Marne), qui accueillaient elle aussi des réfugiés ce mercredi. Mais tout l’enjeu sera de se montrer endurant. D’ici ce week-end, la France ouvrira ses portes à un millier de migrants, uniquement des ressortissants syriens, irakiens et érythréens pour soulager l’Allemagne. Et plus encore dans les prochains mois. En attendant l’ouverture de plateformes régionales, les réfugiés transiteront tous par l’Île-de-France, indique la préfecture de région. A l’île de loisirs de Cergy, un deuxième bus, avec 50 nouveaux réfugiés à bord, était d’ailleurs attendu ce mercredi soir. Et ce ne sera pas le seul site valdoisien mis à contribution. « L’ancienne maternité de Montmorency, actuellement inoccupée, devrait aussi accueillir un bus ce jeudi », annonce Yannick Blanc.

26 sites identifiés en Île-de-France

En tout, 26 sites franciliens ont été identifiés pour recevoir des migrants. « Nous travaillons avec plusieurs partenaires sur cette question. Aéroport de Paris, Assistance Publique – Hôpitaux de Paris (AP-HP), ou encore le ministère de la Défense qui tous nous proposent des locaux disponibles. Une quinzaine répond d'ores et déjà aux normes de sécurité et de confort », indique la préfecture de région Île-de-France. La ville de Paris participe à cet effort. Anne Hidalgo, la maire, annoncera ainsi ce jeudi l’ouverture progressive de plusieurs lieux d’hébergement supplémentaires par la mobilisation de nouveaux bâtiments vacants.

Mais plus que des toits, il faudra aussi l’implication de bénévoles sur le long terme. A la section valdoisienne de la Croix-Rouge, qui assurait une bonne part des troupes ce mercredi matin à Cergy, on ne se dit guère inquiet. « Nous avons 800 bénévoles dans notre section départementale, dont 200 formés sur l’accueil d’urgence, précisent Nicolas et Gaël qui ont fait le trajet Munich-Paris avec les 46 migrants arrivés ce mercredi à Cergy. On ne pourra pas tenir six mois, mais plusieurs semaines oui. »

« Juste de passage en Île-de-France »

L’île-de-France ne sera de toute façon pas la seule à se mobiliser. Yannick Le Blanc l’a plusieurs fois répété ce mercredi à la base de loisirs de Cergy. « Le site n’a bien sûr pas vocation à devenir un centre pour migrants. Les réfugiés ne passeront que quelques jours ici avant que les villes mobilisées par Bernard Cazeneuve ne proposent des solutions de logement de plus long terme. »