Arrivée des premiers migrants à Cergy: « Juste heureux d’être ici »

IMMIGRATION Malgré la fatigue, de grands sourires. A peine descendus du car, ce mercredi matin, quelques-uns des 46 migrants arrivés à Cergy ont raconté leur histoire…

Fabrice Pouliquen

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Yasser (au premier plan) et Mohammed (au second) ont pris le temps de raconter leur histoire avant de s'installer dans leur chambre ce mercredi 9 septembre au centre de séjour de la base de loisirs de Cergy.
Yasser (au premier plan) et Mohammed (au second) ont pris le temps de raconter leur histoire avant de s'installer dans leur chambre ce mercredi 9 septembre au centre de séjour de la base de loisirs de Cergy. — F. Pouliquen / 20 Minutes

« Bonjour », « bonne nuit »… La prononciation est hésitante, mais Yasser les lâche dans un grand sourire, quand on lui demande s’il connaît quelques mots de français. A 21 ans, ce Bagdadi faisait ses premiers pas en France ce mercredi à 13h, en descendant du car qui l’a déposé, lui et 45 autres réfugiés irakiens et syriens, dans la cour du centre de séjour Albert-Renaud, sur la base de loisirs sur l’île de Cergy (Val-d’Oise).

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Une nouvelle étape pour le jeune homme, dans son long périple vers le rêve européen qui lui a fait déjà traverser de nombreux pays. La plus médiatique sans nul doute, à en juger par la horde de caméras qui scrutaient impatiemment l’arrivée de ce premier contingent de migrants en provenance d’Allemagne, depuis le début de la crise des migrants.

Un cauchemar en Hongrie

Fatigués mais pas intimidés pour un sou, Yasser et ses compagnons de voyage Mohammed (19 ans) et Ali (25 ans), de Bagdad également, se sont mis à raconter leur histoire aux nombreux micros qui se tendaient devant eux.

Les périples sont bien souvent les mêmes. Cela commence par une vie sans avenir en Irak, une famille qu’on laisse à la maison, un bateau qu’on prend en Turquie, puis la Grèce, la Macédoine, la Hongrie, Munich en Allemagne, et donc Cergy. Bien sûr, Ali raconte la traversée payée à prix d’or entre la Turquie et la Grèce, « à 45 sur un bateau pneumatique pendant cinq heures et dans une mer mauvaise ». Mais lui comme Yasser citent leur passage en Hongrie comme le pire moment de leur périple. « La situation était très compliquée, racontent-ils. Un de nos amis a eu le bras cassé lors de violences. » Ils disent aussi être passés par la case prison. « Cinq jours », précise Ali.

« J’aimerais rester ici, à Paris »

A Cergy, ils se disent d’emblée au bout de leurs peines. « On est très heureux d’être ici, lance Yasser qui, tout sourire, n’arrête pas de parler de l’AS Monaco et du PSG, ces deux clubs de foot pour lesquels il ne peut dire sa préférence. « En partant de Bagdad, personne dans le groupe ne visait la France, admet-il. Mais c’est une très bonne destination et oui, si possible, j’aimerais rester ici, à Paris, pour reprendre mes études ou travailler. »

Quoi qu’il en soit, l’avenir de ces 46 migrants s’écrit encore en pointillé. A Cergy, en tout cas, ils ne devraient être que de passage. « La procédure de délivrance des titres de séjour sera accélérée pour leur cas, indique Yannick Blanc, préfet du Val d’Oise. Ensuite, dès que les maires mobilisés par le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve offriront des premières solutions pour accueillir ces flux de réfugiés, nous proposerons à ces 46 migrants de partir vers une destination de plus long terme. »