Jean-Paul Huchon : «Les Parisiens profiteront aussi du passe Navigo unique»

TRANSPORTS Le passe Navigo unique à 70 euros entre en vigueur ce mardi et soulagera le portefeuille des banlieusards. Mais le président du Conseil régional d’Île-de-France parle d’une mesure qui profitera à tous les Franciliens…

Fabrice Pouliquen
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Paris le 12 janvier 2012. Hotel de region. Discours des voeux de Jean Paul Huchon president de la region ile de France.
Paris le 12 janvier 2012. Hotel de region. Discours des voeux de Jean Paul Huchon president de la region ile de France. — A. GELEBART / 20 MINUTES

Vieux serpent de mer du débat politique francilien, le passe Navigo unique, qui permettra à tous les Franciliens de payer les transports le même prix, soit 70 euros, voit le jour ce mardi. Une mesure emblématique de la fin de mandat de Jean-Paul Huchon, président du Conseil régional d’Île-de-France qui répond aux questions de 20 Minutes.

Pourquoi est-ce une date importante pour la région Île-de-France ?
Le transport public est devenu au fil du temps la compétence première du Conseil régional, celle pour laquelle on dépense le plus d’argent. De l’ordre de deux milliards par an. C’est aussi un moment fondateur parce que les Franciliens vont tous payer la même chose pour se déplacer dans la région. Ce passe Navigo unique est un facteur d’unité, une sorte de carte d’identité de l’Île-de-France.

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Combien de personnes vont profiter demain de ce passe Navigo unique ?
Il faudra attendre la fin de l’année, voir courant 2016, pour commencer à apprécier l’impact de cette mesure. Elle est en particulier faîte pour les Franciliens de la grande couronne, ceux qui s’abonnent aux zones 1 à 4 et 1 à 5. Ils sont 730.000 dans ce cas-là aujourd’hui et peut-être plus dans l’avenir. C’est l’un des objectifs de ce passe Navigo unique : que les Franciliens délaissent leur voiture pour les transports publics

Et que gagnent les Parisiens ?
Mais eux aussi en profiteront. Jusque-là le dézonage leur permettait de se balader le week-end ou lors des vacances scolaires en forêt de Fontainebleau. Désormais, ils pourront aussi partir travailler ou étudier en grande couronne pour 70 euros. La ligne de RER conduisant à l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle, sera aussi incluse dans le passe Navigo unique. Les Parisiens n’auront plus à payer 10 euros pour s’y rendre. Cela aussi est important.

Quel impact en attendez-vous ?
Déjà, une amélioration du pouvoir d’achat. L’usager de zone 4 économisera 400 euros par an et celui de la zone 5, 500 euros. Imaginez que ces personnes-là vivent en couple, on injecte 1.000 euros de pouvoir d’achat à leur portefeuille. C’est plus que la baisse des impôts annoncée parle gouvernement. Le passe Navigo unique contribuera aussi à diminuer cette espèce de discrimination silencieuse à l’égard des Franciliens qui viennent de banlieues. Ceux qui paient cher un service qui n’est pas toujours optimal. Et puis, il y a cette fameuse part modale, c’est-à-dire le nombre de personnes que le passe Navigo unique va détourner de la voiture.

Ne craignez-vous pas que votre successeur à la présidence du Conseil régional revienne sur cette mesure ?
Pas le moins du monde. Comment il ou elle expliquerait un tel retour en arrière ? Comment expliquer aux Franciliens qu’ils vont devoir de nouveau payer plus leurs transports. Je ne suis pas sûr qu’il ou elle soit bien reçu. Mais même Valérie Pécresse [candidate Les Républicains à la région Île-de-France] ne s’oppose plus à ce Passe navigo unique. Surtout depuis que Patrick Devedjian [président du Conseil général des Haut-de-Seine, Les Républicains] a salué la mesure.

Vous vous attendez à 400 millions d’euros de recette en moins pour 2016, première année pleine du passe Navigo unique… La mesure est-elle finançable sur la durée ?
La hausse du versement transport, que nous avons négocié avec les entreprises franciliennes, permettra de dégager 210 millions d’euros annuels. Gagner des voyageurs qui utilisaient jusque-là leur voiture rapportera aussi de l’argent au Stif [Syndicat des transports d’Île-de-France]. Quatre-vingts millions si on gagne ne serait-ce que 1 %. Il y aura également toute une palette de solutions pour financer la somme restante.