La région veut sauver sa biodiversité

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Le réchauffement de la planète, c'est la disparition programmée de l'ours blanc ou du tigre du Bengale. Mais aussi du sonneur à ventre jaune, du busard des roseaux, de la sabline à grandes fleurs... « Des dizaines de milliers d'espèces sont menacées. Nous sommes dans une phase de disparition comparable à celle de l'époque des dinosaures ! », avance Michel Vampouille (Verts), vice-président du conseil régional d'Ile-de-France, en charge de l'Environnement. Afin d'anticiper les conséquences du changement climatique, le conseil régional fera voter demain un plan d'action de protection de la biodiversité d'environ 5 millions d'euros par an, ainsi que la création d'un nouvel organisme, Naturparif, dédié à l'observation, la recherche, et la sensibilisation en matière de sauvegarde de la faune et de la flore.

La biodiversité en Ile-de-France, c'est 228 espèces d'oiseaux, 18 000 sortes d'insectes, 1 500 végétaux qu'il faut maintenir, selon le rapport du conseil régional. Le plan d'action comporte une dizaine de points, comme la restauration de corridors écologiques pour permettre la circulation des espèces. « La fragmentation des espaces, à cause des autoroutes, des voies ferrées, représente un danger pour la reproduction de certains animaux. Le cerf a, par exemple, besoin de 2 000 hectares pour se reproduire, chaque année des milliers de crapauds se font ­écraser lors de périodes de mig­rations et les hirondelles, n'ont plus d'endroit pour s'accoupler, explique Cathe­rine Ribes, chargée de mission biodiversité au conseil régional. Nous allons entre autres financer des passages en bois, au-dessus des axes routiers, en forêt de Fon­tainebleau, à Rambouillet, Boissy-Saint-Léger... »

Préserver les espèces est une chose. Il va aussi falloir anticiper de nouvelles arrivées. « Avec le réchauffement climatique, des espèces du sud de la France se développeront sur l'ensemble du territoire », anticipe Michel Vampouille. On peut déjà observer depuis peu des chenilles processionnaires ou des écureuils tamias, inexistants auparavant. Deux espèces qui posent problème : la première étant très urticante, l'autre porteuse de tiques.

La maîtrise de la biodiversité en Ile-de-France passe aussi par la réintroduction de certains animaux, comme la loutre, le castor et le saumon. « La loutre a disparu de l'Ile-de-France après qu'on a bétonné les bords de Seine. Or, elle permettait de lutter contre les espèces invasives, comme le rat musqué ou le ragondin, qui détériorent les berges. En Ile-de-France, 50 % des communes en zone rurale ont connu des épisodes de crue ou de coulée de boue. La loutre ne va pas résoudre à elle seule ces phénomènes, mais sa présence serait l'indicateur que l'écosystème se porte mieux », explique Michel Vampouille. La présence du saumon, que l'on trouvait fréquemment en Ile-de-France jusqu'en 1920, serait, elle, un témoin d'une bonne qualité des eaux. Un plan Seine va prévoir la création de « passes à saumons ». Car, comme le soulève Jean-Pierre Tane, de l'Association internationale de défense du saumon atlantique, « c'est la multiplication des barrages qui a peu à peu empêché ce poisson de remonter la Seine. Sa réintroduction pose aussi la question de la maîtrise de notre urbanisation. »