Paris: De plus en plus de villas de luxe sur les sites de location entre particuliers

IMMOBILIER Airbnb ou des sites spécialisées comme le Collectionnist, propose de plus en plus de villas luxueuses à louer le temps de vacances à Paris…

Fabrice Pouliquen

— 

La villa Pensée, le coup de coeur de Max Aniort, le directeur général du Collectionnist. Lancer le diaporama
La villa Pensée, le coup de coeur de Max Aniort, le directeur général du Collectionnist. — Capture d'écran / Le Collectionnist

Une maison sur trois étages, avec quatre chambres dotées chacune de salle des bains, une salle à manger pouvant accueillir quatorze convives et puis, surtout, une mezzanine et un jardin japonais privé. Le tout meublé avec grand soin. La villa Pensée, dans le 14e arrondissement, est la villa coup de cœur de Max Aniort, directeur général du Collectionnist, site web de locations d’appartements et de villas entre particuliers. Le site a été lancé début 2013 avec un crédo particulier qui le distingue du concurrent Airbnb : les villas de luxe.

Une nuit à 8.950 euros

A Paris, le Collectionist recense 13 villas à louer entre particuliers, à des prix qui atteignent facilement les 1.000 euros la nuit, voire bien plus. Il vous faudra ainsi débourser 1.900 euros pour profiter de la villa Pensée et 2.200 euros pour l’appartement Josephine, un 350 m² dans le 16e arrondissement.

Avec 13 villas, l’offre est toutefois restreinte sur Paris. « Nous n’avions pas mis l’accent sur cette destination jusque-là, indique Max Aniort. Nous nous sommes d’abord concentrés sur les lieux de villégiatures classiques : les villas en bord de mer pour l’été, les chalets en montagne l’hiver. » Mais développer l’offre en milieu urbain sera la prochaine étape, assure-t-on au Collectionnist. Max Aniort n’en doute pas : « il y a encore des villas à dénicher et un vrai marché à occuper ? »

Airbnb l’a-t-il saisi ? Le mastodonte du secteur recense aussi quelques bijoux parisiens à louer. Une quarantaine d’appartements sont ainsi à plus de 1.000 euros la nuit à Paris. Il y en a avec jacuzzi, rooftop, parfois avec piscine. Les tarifs annoncés atteignent parfois les 8.950 euros la nuit.

« Qu’une cinquantaine d’offres sur 50.000 logements à Paris »

Contacté par 20 Minutes, Airbnb se montre toutefois discret sur ces offres de luxe et insiste sur le fait qu’il n’en existe qu’une cinquantaine sur un total de 50.000 logements sur la capitale. Surtout, la startup n’y voit en aucun cas une concurrence aux grands palaces : l’expérience « reste très différente de ce que l’hôtellerie de luxe peut proposer et qui fait son succès. Les services, les équipements collectifs… ».

Max Aniort se montre moins langue de bois : « Les propriétaires qui mettent leur bien à louer sur notre site proposent bien souvent les mêmes services qu’un palace : du personnel pour vous réceptionner et faire le ménage chaque jour et une conciergerie pour répondre à tous vos besoins. » Mais le directeur du Collectionnist ne voit pas pour autant une confrontation frontale avec les palaces parisiens. « Nous nous adressons à la même clientèle aisée, mais pas aux mêmes moments de l’année. Elle aura tendance à se tourner vers les hôtels pour les voyages d’affaires, seules. Mais pour des vacances en famille, nos villas, dotées de plusieurs chambres, peuvent mieux convenir. »

Début d’inquiétude pour les palaces ?

Pas de quoi rassurer les palaces parisiens, déjà confrontés à une conjoncture difficile. Dans Les Echos du 9 août, des hôtels prestigieux de la capitale ont fait part de leur inquiétude vis-à-vis de la concurrence inattendue des sites de location entre particuliers.

Laurent Duc, président de la branche hôtellerie du syndicat Umih (Union des métiers et de l’industrie de l’hôtellerie) y voit même une forme de mascarade. « Avec ces villas de luxe, on n’est plus dans l’économie collaborative, un concept auquel se réfèrent des sites comme Airbnb. Les propriétaires de ces villas ne les habitent généralement pas l’année et n’ont pas besoin de revenus complémentaires. On est bien dans du business et il faut qu’il soit soumis au même cadre réglementaire que celui imposé aux hôtels. »