Meurtre de trois militantes kurdes à Paris: L'accusé renvoyé devant les assises

JUSTICE Il sera jugé pour l'assassinat de trois militantes du PKK assassinées en juillet 2013 à Paris...

20 Minutes avec AFP

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Paris le 10 janvier 2013. 147 Rue Lafayette 10eme. Manifestation de la communaute kurde suite a l'assassinat de 3 femmes kurdes militantes du PKK dans le bureau d'information du Kurdistan. L'une d'elles est la cofondatrice du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK). Sortie des corps. Morgue. Police. CRS.
Paris le 10 janvier 2013. 147 Rue Lafayette 10eme. Manifestation de la communaute kurde suite a l'assassinat de 3 femmes kurdes militantes du PKK dans le bureau d'information du Kurdistan. L'une d'elles est la cofondatrice du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK). Sortie des corps. Morgue. Police. CRS. — A. GELEBART / 20 MINUTES

Le Turc Omer Güney a été renvoyé jeudi devant les assises où il sera jugé pour l'assassinat à Paris en janvier 2013 de trois militantes kurdes, dont une des fondatrices du PKK, Sakine Cansiz, a appris l'AFP de source judiciaire. Les enquêteurs ont conclu à «l'implication» de membres des services secrets turcs, le MIT, dans ce triple assassinat, selon une source proche du dossier. Mais les investigations n'ont pas permis d'établir si ces agents ont agi «avec l'aval de leur hiérarchie» ou «à l'insu de leur service afin de le discréditer ou de nuire au processus de paix», entamé à l'époque entre Ankara et le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), a ajouté la source.

L'accusé avait nié les faits

Aussi, seul Omer Güney, 33 ans, est renvoyé devant la cour d'assises spéciales de Paris pour «assassinats en relation avec une entreprise terroriste». Le 9 janvier 2013, en plein jour, trois activistes kurdes, dont Sakine Cansiz, l'une des fondatrices du PKK, avaient été froidement abattues de plusieurs balles dans la tête dans les locaux du Centre d'information du Kurdistan (CIK), dans le 10e arrondissement de Paris. Durant l'instruction, Omer Güney a nié les faits malgré de nombreux éléments à charge: des caméras de vidéosurveillance l'ont filmé entrant dans l'immeuble du CIK peu avant les crimes, l'ADN d'une des victimes a été retrouvée sur sa parka et sa sacoche contenait des traces de poudres.

Implication des services secrets turcs?

L'accusé, ancien agent d'entretien à l'aéroport de Roissy, s'était rapproché fin 2011 d'associations kurdes en région parisienne. Décrit par ses proches comme un turc ultranationaliste, il avait infiltré cette mouvance «dans un but de surveillance et d'espionnage» avec pour mission «d'éliminer des cadres du PKK», d'après la source proche du dossier. Les services secrets turcs ont officiellement démenti en janvier 2014 tout rôle dans les assassinats. Outre l'implication du MIT, plusieurs pistes ont été évoquées au début de l'enquête: un différend personnel, un règlement de compte interne au sein du PKK ou un crime commis par les «Loups gris», groupe d'extrême droite turc. Mais elles ont été abandonnées.