«Tel-Aviv sur Seine»: «L'entrée d'Israël c'est à gauche. Pour Gaza c'est à droite»

REPORTAGE L'opération controversée «Tel-Aviv sur Seine» à débuté ce jeudi matin sous haute protection policière...

Romain Lescurieux

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Une femme se fait fouiller à son arrivée sur Tel Aviv sur Seine, le 13 août 2015. Lancer le diaporama
Une femme se fait fouiller à son arrivée sur Tel Aviv sur Seine, le 13 août 2015. — Francois Mori/AP/SIPA

A 12h, la consigne est claire. « Il n’y a plus que deux entrées. Israël c’est à gauche. Pour Gaza c’est à droite. C’est bloqué entre les deux donc il faut choisir », explique un gendarme un brin tendu. L’opération controversée Tel Aviv sur Seine a débuté ce jeudi matin sous haute protection policière, avec finalement un soupçon de réalité géopolitique.

Transats, raquettes de plages et tubes électro viennent animer le premier tronçon. Drapeaux appelant au boycott d’Israël et la justice en Palestine ponctuent le second passage. Entre les deux, un barrage des forces de l’ordre est mis en place. En fin de matinée, l’ambiance est relativement calme. Et pour cause.

« J’aurais compris la polémique si c’était Jérusalem »

Plus de 500 policiers et gendarmes sont déployés sur et aux abords des berges de Seine. Et rien n’est laissé au hasard. Barrières de sécurité, fouille des sacs, passage de détecteurs à métaux. « Niveau sécurité, il y a le 14 Juillet, l’arrivée du Tour de France et des événements comme Tel Aviv sur seine », souffle un gendarme. Au milieu de ce dispositif, certains sont venus pour apporter leur soutien à Anne Hidalgo.

Ouverture sous haute protection de « Tel Aviv sur Seine »

Les pieds dans le sable, Brigitte salue le « courage » de l’édile. « Je n’avais pas entendu parler de cet événement. Finalement, c’est cette fausse polémique qui nous fait venir. J’aurais pu comprendre si c’était Jérusalem. Mais Tel Aviv c’est la fête », assure-t-elle à côté d’une partie de raquettes de plage. Elle réfléchit et reprend. « Je suis aussi là pour montrer à des associations dictatrices qu’on a le droit de venir ici ».

Quelques mètres plus loin, Nanou, 70 ans bien passés, pose devant les photographes. Lunettes et drapeaux d’Israël sur les épaules, elle embrasse « son pays » et assure à son auditoire que « Netanyahu n’est pas un assassin ». Le food truck de falafels commence à tourner à plein, les policiers poursuivent leur ronde. Parfois se lancent dans une échappée. Et de l’autre côté du pont, à Gaza Plage, on se félicite d’être ici.

« Juste leur montrer qu’on existe »

Pour Saad, l’opération de la mairie de Paris est « scandaleuse ». « Je suis choqué de voir la promotion ici d’Israël alors qu’il massacre », affirme ce jeune nîmois. Non loin, un débat public s’improvise. « Je ne reconnaîtrai jamais Israël. Quelle démocratie tue des bébés ? » lance un homme dans une foule condensée.

Saad, lui, rembobine. « Cet événement n’a rien de culturel. Il est politique. Et c’est très mal venu de la part d’Anne Hidalgo d’organiser ça un an après les massacres à Gaza et le meurtre d’un bébé ». Les membres de l’association Europalestinne à la tête de cet événement parallèle accrochent des drapeaux palestiniens et des banderoles. On peut y lire : « Hidalgo célèbre l’occupation israélienne » « Gaza : Laissez passer les bateaux ».

D’un point à l’autre, des centaines de personnes continuent de déambuler. Au milieu, peu de personnalités politiques. Seul, Patrick Klugman, adjoint à la Mairie de Paris chargé des relations internationales et de la francophonie, tient tout de même à rappeler la neutralité de la ville de Paris. « A la fin du mois, nous accueillons un orchestre palestinien. Israël, Palestine : Paris continuera à faire pour les deux ».

En début d’après midi, la foule ne désemplit pas. Beaucoup débattent sur le sujet. Les touristes, eux, regardent ça depuis les bateaux-mouches.