Paris Plages: Quand les enfants se glissent dans la peau d'un archéologue

REPORTAGE Sortez vos enfants du transat et mettez-les pelle en main devant un bac à sable rempli de silex et d'ossements...

Nicolas Bégasse
— 
Atelier Archéo Plage à Paris le 24 juillet 2015.
Atelier Archéo Plage à Paris le 24 juillet 2015. — N. BEGASSE / 20 MINUTES

Donner un coup de brosse sur un tas de sable, et mettre au jour une merveille du passé. Cet instant magique de la vie d’un archéologue, Paris Plages le reproduit tout l’été dans un atelier gratuit à destination des enfants. Le temps d’une demi-heure, gilet orange sur le dos et pinceau en main, les gamins sont invités à se mettre dans la peau d’un archéologue entre le boulodrome et les transats du bassin de la Villette.

Ce vendredi, 20 Minutes se rend à la session qu’animera Cécile, membre de l’association Arkéomedia, qui assure les ateliers à Paris Plages. Spécialisée dans médiation en archéologie, l’asso qui propose d’habitude ses animations à Etiolles, dans l’Essonne, s’est délocalisée en bord de Seine jusqu’au 23 août.

Non, il n’y aura pas d’or sous le sable

« Installez-vous autour du simulateur », lance Cécile aux dix enfants qui trépignent déjà. Et les enfants de se placer autour d’un grand bac à sable surélevé, chacun devant sa parcelle. Armés de leur pinceau, de leur petite pelle… et de leurs idées sur l’archéologie, plus ou moins justes. « L’archéologie c’est là où on découvre des dinosaures », avance Nicolas, 7 ans. « Vous êtes d’accord ? », demande l’animatrice à ses camarades, qui s’empressent de dire que non, l’archéologie s’intéresse aux restes des hommes préhistoriques. Mais aussi à ceux de l’Antiquité ou du Moyen Âge, souligne Cécile. « On va trouver de l’or ? », demande un autre archéologue amateur, qui apprendra vite que non, pour la simple raison que les hommes préshitoriques n’utilisaient pas de métal.

DIAPORAMA. Des squelettes sous les caisses du Monoprix

Dans le bac se trouve la reproduction d’un site découvert lors d’une fouille de l’Inrap en 2006, dans le 15e arrondissement de Paris. Là se trouvaient des restes d’ossements, du silex, un grattoir et autres outils… Il s’agissait en fait d’une natte de chasse datant du mésolithique, entre 9.000 et 5.000 ans avant notre ère, laissée là par des chasseurs-cueilleurs.

« Je pense que c’est une canine de T-Rex »

Vient le moment tant attendu de la fouille. Vingt petites minutes durant lesquelles on brosse, on furète, on examine. « Je pense que c’est une canine de T-Rex », nous confie à voix basse Nicolas, têtu, en désignant ce qui, apprendra-t-il, est en fait une mâchoire de cerf. Les objets, vrais silex donnés à Arkéomedia ou os humains en plastique, sont rapidement mis au jour par les jeunes participants, avant le debrief de Cécile, qui présentera les trouvailles : de l’ocre qui servait à peindre les murs des cavernes, des petits bouts de silex qui servaient à confectionner des flèches…

En une rapide session de fouille et de questions-réponses, les dix jeunes participants auront acquis une bonne base de connaissances sur l’homme du mésolithique et ses restes. Presque dommage que le tout ne dure qu’une demi-heure, les enfants en redemandent. Mais il faut bien laisser sa place : déjà, un nouveau groupe d’enfants regarde avec envie les pinceaux et imaginent tout ce qu’ils s’apprêtent à déterrer.

Archéo Plage, une animation proposée gratuitement tous les jours de 13h à 18h à Paris Plages, à droite de la Passerelle de la Moselle, sur une initiative de l’Inrap et de la Direction des affaires culturelles de Paris.