Paris: La capitale est-elle devenue la place forte de la bière artisanale et des micro-brasseries?

RESTAURATION La micro-brasserie new-yorkaise « Brooklyn Brewery » prévoit d’ouvrir un « beer garden » en 2017 à Paris…

Romain Lescurieux
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Bière. (Illustration)
Bière. (Illustration) — G. VARELA / 20 MINUTES

Un nom, une mousse, un quartier. La Goutte-d’Or, la Baleine, La Parisienne, la BapBap, la Brasserie de l’Être, la Gallia, Deck & Donohue… Depuis quelque temps, les bières artisanales parisiennes et plus largement franciliennes se développent à une vitesse folle. « Il y a une vraie révolution en ce moment. Il y a trois ans, il n’y avait rien », s’exclame Simon Thillou, gérant et fondateur de la Cave à Bulles - boutique spécialisée dans les bières artisanales - basée rue Quincampoix (4ème arrondissement).

La brasserie «Brooklyn Brewery» prévoit d’ouvrir un bar à Paris

Alors que la micro-brasserie new-yorkaise « Brooklyn Brewery » prévoit d’ouvrir un bar en 2017 à Paris, annonce à 20 Minutes Nicolas Millet, qui s’occupe de la direction de la marque américaine en France - Paris est-elle tombée amoureuse de la petite mousse ?

« Les gens ont découvert que la bière pouvait avoir du goût »

Dans le pays du vin, la bière a longtemps été reléguée en seconde zone. Avec toutefois une consommation stable d’année en année. En 2014, les Français ont ainsi consommé 19,9 millions d’hectolitres de bière, soit le même niveau qu’en 2012, rapporte un bilan des Brasseurs de France publié en avril dernier. Mais entre l’Italie et la Chine, la France se place au 41ème rang mondial des consommateurs de bières, loin derrière l’Allemagne ou encore l’Irlande, rapporte une étude de Bonial. Mais côté qualité, les choses bougent.

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« Les gens ont découvert que la bière pouvait avoir du goût », s’exclame Simon Thillou, qui fait partie de ces onze brasseurs d’Ile-de-France qui organisent le Paris Beer Week, qui met l’accent notamment sur les nouveautés et les saveurs. Certaines de ces bières parisiennes ont d’ailleurs été primées au dernier salon de l’Agriculture. Dans la catégorie des bières blondes à haute fermentation, La Parisienne a par exemple remporté la médaille d’argent et le bronze avec sa bière brune. Mais le « succès » de ces marques réside aussi dans le phénomène de « consommer local ».

« Soutenir sa communauté »

Rue Saint-Maur, Edouard Et Archibald produisent leur BapBap, (brassée à Paris, bue à Paris) à partir des céréales de Picardie, de l’eau de Paris, du houblon, un soupçon de coriandre, quelques sachets de levure. Une bière blonde « de type Pale Ale » entièrement made in Paname. « Ni chic, ni luxe. C’est une bonne bière artisanale, avec une identité régionale mais où tout le monde y trouve son compte », expliquait Edouard à 20 Minutes en février dernier, dans son usine de 1.800 mètres carrés de surface, répartis sur sept niveaux en plein cœur du 11ème arrondissement.

« Consommer local, soutenir sa communauté, ça plait énormément à la clientèle en ce moment. Car en plus du goût ils veulent un produit avec une vraie identité », ajoute Simon Thillou. Avec des prix plus élevés que les bières industrielles, les bars sont toutefois encore frileux pour la proposer sur leurs cartes. « Mais ça commence gentiment à changer », réagit Simon Thillou. Un sentiment partagé par les professionnels de la restauration.

« Le vin a encore une grosse place. Mais les jeunes qui se lancent dans la restauration ont tout intérêt à se tourner vers ces bières artisanales. C’est novateur, il y a un savoir-faire et c’est intéressant pour le consommateur d’aller chercher la qualité », affirme Thierry Campion, membre de la branche Umih (Union des Métiers et des Industries de l’Hôtellerie), cafés, brasseries, restaurants et monde de la nuit.