RER : Pourquoi, quand il fait chaud, les retards s’accumulent en Ile-de-France

TRANSPORTS Quand la température du rail dépasse les 45 °C, ce n’est jamais bon. Et cette semaine, cela risque fort d’arriver…

Fabrice Pouliquen
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Vue aerienne de RER en banlieue parisienne, en août 2008.
Vue aerienne de RER en banlieue parisienne, en août 2008. — WITT/SIPA

On ne devrait pas y échapper cette semaine. C’est ainsi : à chaque vague de chaleur, le matériel et l’infrastructure du réseau ferré francilien souffrent. La SNCF adapte alors la vitesse de ses trains et opère une surveillance spécifique des voies.

Dimanche déjà, les ralentissements se sont poursuivis jusqu’à 20 h sur le RER C, relate Le Parisien. Ce lundi, rien à signaler. Mais ça risque de se compliquer les cinq jours qui viennent, pour lesquels Météo France annonce des températures caniculaires en Ile-de-France. « C’est la température du rail qui compte, explique Jean-Michel Ducos, directeur de production du territoire Ile-de-France à SNCF Réseau. Lorsqu’elle atteint les 45 °C, la situation peut devenir problématique et nous déclenchons alors des mesures de surveillance complémentaires. » Tout dépend alors des vents et des zones d’ombre, « mais à partir du moment où la température ambiante dépasse les 30 °C, il existe de fortes probabilités pour qu’au niveau des rails, il puisse y avoir des températures supérieures à 45 °C », poursuit Jean-Michel Ducos.

« Les portions de voies en travaux peuvent être fragilisées »

Le risque, c’est la dilatation des rails. « Le problème ne se pose pas partout sur le réseau, reprend Jean-Michel Ducos. La voie est formée de plusieurs constituants (rails, attaches, ballast, joints) capables de supporter des températures élevées. En revanche, les portions de voies en travaux ou ayant fait récemment l’objet de travaux peuvent être fragilisées. » D’où des surveillances spécifiques de voie et des ralentissements de trains sur des portions de voie. « Or, en Ile-de-France, où le trafic ferroviaire est très dense, quelques secondes perdues sur un train suffisent parfois à créer des bouchons et des retards qui s’accumulent. »

 

 

Une soixantaine de zones sensibles en Ile-de-France, répartie sur l’ensemble du réseau. Ce n’est donc pas lié uniquement au RER C. Mais cette ligne, qui a fait et qui fait l’objet d’importants travaux cet été, est particulièrement concernée.