Paris : De gros travaux pour mettre la Gare du nord à l’heure du 21e siècle

GRANDS TRAVAUX Une gare RER rafraîchie, une nouvelle brasserie, l’espace Transmanche agrandi et des flux de voyageurs repensés… La SNCF veut redonner un coup de jeune à la première gare d’Europe…

Fabrice Pouliquen

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La SNCF veut investir plusieurs centaines de millions d'euros dans la modernisation de la gare du Nord, la première d'Europe en nombre de voyageurs accueillis chaque jour. Lancer le diaporama
La SNCF veut investir plusieurs centaines de millions d'euros dans la modernisation de la gare du Nord, la première d'Europe en nombre de voyageurs accueillis chaque jour. — F.Pouliquen / 20 Minutes

Mal ficelée, encombrée, pas facile d’accès… La Gare du Nord a manqué son rendez-vous avec le 20e siècle de l’aveu même de Guillaume Pépy, président de la SNCF. Pas question de louper le 21e. La compagnie ferroviaire a présenté, ce mercredi matin, un plan de rénovation de la gare du Nord qui s’étalera de 2015 à 2023. L’enjeu est de taille : cette porte d’entrée vers le nord de la France, Londres et le Bénélux est la première gare d’Europe avec 700.000 voyageurs et 2.000 trains accueillis par jour.

Pour transformer les lieux, Guillaume Pépy se dit prêt à investir plusieurs centaines de millions d’euros mais refuse pour l’heure à être plus précis.

Rafraîchir la gare RER et agrandir l’espace Transmanche

Ce chantier ne se fera pas en un seul bloc, mais étape par étape. Le premier rendez-vous est fixé en novembre avec la transformation de la gare d’accès au RER B et D. « Les quais comme la salle de change, un niveau au-dessus, se verront dotés de nouveaux mobiliers et escaliers mécaniques, détaille Patrick Ropert, directeur général de Gares et Connexions. L’éclairage sera aussi revu et les peintures rafraîchies. Trente-trois magasins s’installeront aussi dans la salle de change. « Ces travaux ne perturberont pas le trafic », assure Jérémie Zeguerman, le directeur de la gare du Nord.

La deuxième étape, prévue pour se finir fin 2016, se focalisera sur le terminal Transmanche d’où partent les Eurostar pour Londres. Les 3.500m² de cet espace ne suffisent plus. Il s’agira d’en gagner 500 nouveaux afin d’agrandir la zone de contrôle, la salle d’embarquement et les espaces d’attente. « L’espace Lounge sera déplacé dans l’ancien hôtel intérieur à la gare, au deuxième étage, au-dessus de la zone de contrôle actuelle, annonce Patrick Ropert. Un endroit sublime. » Toujours pour 2016, une nouvelle brasserie de 670m² verra le jour entre la gare historique et la gare Transilien. Elle sera confiée au chef étoilé Thierry Marx.

Créer un nouveau pôle de départs « grandes lignes »

Dès 2017, il sera temps de repenser la grande halle Hittorf, où se garent les trains grandes lignes. A ce jour, tous les flux, qu’on monte ou qu’on descende du train, se déversent sur le quai transversal, une zone tampon entre l’entrée principale de la gare et les quais. Pour fluidifier tout ça, la SNCF ne va pas par quatre chemins : « Fin 2018, ce quai transversal ne sera plus dédié qu’aux arrivées, annonce Etienne Tricaud, président du directoire du cabinet d’architecture Arep.

Il faudra au préalable construire un nouveau pôle de départ. « Il verra le jour dans la partie nord de la halle Hittorf, décrit Jean-Michel Wilmotte, architecte lui-aussi. Il s’agira pont de 250 mètres de long, construit sur pilotis et vitré de part et d’autre, enjambera l’ensemble des voies et permettra d’accéder aux quais », détaille Jean-Michel Wilmotte, architecte lui-aussi. On y accédera par un nouveau bâtiment à l’est de la gare, sorte de hub multimodal donnant accès à la gare RER mais aussi aux bus et taxis.

Des ambitions aussi pour l’entrée Napoléon III

L’entrée Napoléon III, l’entrée principale aujourd’hui, n’est pas oubliée. La SNCF veut obtenir la piétonnisation totale de la rue de Dunkerque et du boulevard de Denain qui y mènent. Surtout, le rêve de Jean-Michel Wilmotte est d’accoler à la grande façade de la gare de grandes verrières qui permettraient de prolonger le bâtiment sur l’esplanade. « Un geste de modernité sans affecter le patrimoine ».