Paris: «Si je n’avais pas mis de règles, ce serait la guerre sur Wanted #BonsPlans»

SOCIETE Ce groupe réunissant plus de 78.000 membres sur Facebook, majoritairement franciliens, va se décliner en application mobile d’ici quelques mois…

Romain Lescurieux

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Luc Jaubert, 32 ans, fondateur du groupe Wanted #Bons Plans
Luc Jaubert, 32 ans, fondateur du groupe Wanted #Bons Plans — R.LESCURIEUX

« Je recrute un graphiste… ». « Je me sépare de mon canapé convertible… ». « Je vends une cartouche de cigarettes… ». « Je cherche un spécialiste du Panama sur Paris… », « Qui a une machine à mousse ?….» Ça, c’est « Wanted #BonsPlans ».

Ce groupe Facebook créé en décembre 2011 réunit désormais plus de 78.000 membres majoritairement franciliens postant quotidiennement des centaines d’annonces. Un réseau social dans le réseau social, mixant du Trip Advisor, beaucoup de Bon Coin et même un peu de Tinder. Les gens vendent, achètent, se conseillent. S’y engueulent aussi. Et derrière, il y a Luc Jaubert, 32 ans. « Wanted #BonsPlans, c’est le miroir de la société », lâche-t-il.

Machine à laver, chien en détresse et calibre 9 millimètres

« Au début, c’était un groupe avec mes 600-700 amis pour s’échanger des bons plans et se vendre des choses », explique ce Bordelais d’origine, à la terrasse d’un café du 1er arrondissement, où il officie en tant que directeur depuis deux ans et demi, 90 heures par semaine. Le reste du temps, il est sur Wanted, en tant qu’administrateur de ce groupe devenu une machine. « Je ne m’attendais pas à ça », dit-il.

Car ses amis ont invité leurs amis, qui ont à leur tour invité leurs amis etc. « Et ça a pris », s’exclame Luc. En chiffres : Il accepte désormais 1.000 demandes d’ajouts tous les 4 jours et 250 annonces sont publiées quotidiennement. Sans annonceurs, ni publicités, « Wanted #BonsPlans » est une marque déposée qui fonctionne avant tout sur le bouche-à-oreille. Alors, il y a de tout sur « Wanted ». « En temps de crise ce n’est pas rien », affirme Luc. Ce mardi, c’est une machine à laver « en parfait état à 40 euros » qui est à vendre. Un chien y a même été « sauvé ». Une annonce pour un pistolet calibre 9 millimètres était également publiée il y a quelques jours. L’une des nombreuses dérives du groupe, selon son fondateur.

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« Il faut gérer l’humain »

« La personne virtuelle en face va être un ami, d’ami, d’ami. Ou en tout cas quelqu’un d’humain. Donc on sait à qui on s’adresse. Ça donne une garantie sur une annonce […] mais cet espace qui vit par lui-même atteint aussi ses limites », confie son fondateur qui a par exemple effacé l’annonce pour l’arme à feu.

Car il est modérateur avec une autre personne et même une troisième depuis deux semaines. Il a également instauré une charte. « Il faut gérer l’humain. Mais on ne peut pas être là 24h sur 24. Il a donc fallu instaurer des règles au fur et à mesure car les gens pensent qu’ils peuvent faire et dire ce qu’ils veulent. Il faut faire un peu la police. Mais si je n’avais pas mis de règles, ce serait la guerre sur Wanted », commente-t-il. D’où l’envie de passer à une version aux contours mieux définis.

Une appli « dans les six prochains mois »

« Je quitte tout. Ça ne marchera pas si je ne suis pas à 100 % », souffle Luc qui va démissionner de son café dans quelques mois pour monter un réseau social autour de Wanted, version appli, « dans les six prochains mois » avec trois associés.

Le but : « Créer des plateformes et un système de filtres et de recherche pour voir ce que l’on veut, ou plutôt ne plus voir ce qu’on ne veut pas », détaille-t-il. Le tout avec son profil et sa propre boite de réception, des annonces approuvées par les administrateurs et un système de géolocalisation « pour sortir de Paris ». « L’idée serait de faire payer les annonceurs mais le réseau social restera gratuit pour les gens ». De son côté, le groupe Facebook « continuera à vivre » mais ce sera la « fenêtre d’ouverture », expose-t-il dans l’effervescence de la terrasse de son café.