Paris : De nouvelles expulsions de migrants, à la Halle Pajol cette fois-ci

EXPULSION L’évacuation du campement de fortune de La Chapelle la semaine dernière n’a fait que déplacer le problème…

Romain Lescurieux et Fabrice Pouliquen

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L'évacuation de migrants, à la halle Pajol s'est faîte sous les huées de la foule.
L'évacuation de migrants, à la halle Pajol s'est faîte sous les huées de la foule. — Photo Romain Lescurieux / 20Minutes

La situation se crispe aux abords de la Halle Pajol (18e), où plusieurs dizaines de migrants ont établi un camp de fortune depuis mercredi, quelques jours après le démantèlement du campement de réfugiés de la Chapelle.

Emmenés dans des bus

Ce lundi après-midi, de nouvelles évacuations de migrants sont organisées par les forces de l’ordre. « Les migrants sont emmenés dans des bus pour une destination qui n’est pas communiquée, raconte Sissoko Anzoumane, porte-parole de la Coordination des sans-papiers 75. Le cabinet du préfet de police précise seulement qu’il s’agit de vérifier la situation des personnes interpellées. »

Un premier bus a été rempli et a pu partir. Un deuxième est sur le point de le faire, a pu le constater un journaliste de 20 Minutes sur place.

 

Sous les huées de la foule

Ces évacuations se font dans un climat tendu, évoque Sissoko Anzoumane. « Les migrants ont constitué une chaîne humaine, parfois même en avec l’aide de riverains et d’élus, pour compliquer les évacuations un par un. »

« Toutes les dix minutes, les forces de l’ordre vont chercher les migrants regroupés à l’entrée de la Halle, au niveau de la bibliothèque Vaclav-Havel. Les policiers prenent alors les migrants un par un pour les amener de force dans le bus qui les attend à 40 mètres de là, confirme notre journaliste sur place. Ces évacuations se font sous les huées de la foule qui crie « Liberté, liberté », « Solidarité avec les immigrés », ou encore « Nous sommes la République. »

Sur place, Fanny Gaillard, conseillère de Paris élue PCF du 19e arrondissement, a confié à 20 Minutes avoir « mal à ma République ». On était en train de leur donner à manger quand les CRS sont arrivés… Nous continuons de demander l’ouverture d’un gymnase pour que les associations s’occupent d’eux ».

 

 

L’échec de l’évacuation du campement de la Chapelle ?

Ces derniers jours, « les migrants étaient entre 80 et 100 personnes à dormir aux abors de la Halle Pajol, évalue Pierre Henry, directeur général de France Terre D'asile. Un chiffre qui évolue sans cesse au fur et à mesure des arrivées et des allers-retours entre Paris et Calais. »

Près de 350 migrants avaient été évacués du campement de la Chapelle le 3 juin dernier. L’opération de police devait s’accompagner théoriquement d’une recherche de logement individualisée pour chaque personne évacuée. « La situation est plus compliquée que ça, estime Pierre Henry. Cette évacuation a permis de trouver un logement durable à près de 270 migrants. Sur les 80 personnes qui se retrouvent aussi à la Halle Pajol, on trouve des migrants qui n’étaient pas sur Paris le 3 juin, lors de l’évacuation du camp et qui n’ont donc pas pu être inscrits sur la liste des personnes à prendre en charge. »