Dans les Yvelines, la mécanique UMP bien huilée

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Objectif « grand chelem » pour la droite. C'est peu de dire que l'UMP aborde ces législatives en position de force dans les Yvelines. Nicolas Sarkozy y a réalisé un très gros score (58,7 %) au second tour de la présidentielle, et même plus de 70 % dans la ville-préfecture, Versailles. Le président du comité départemental, l'ancien ministre du travail Gérard Larcher, égrène les atouts de son parti : « Avec 14 000 adhérents UMP, nous sommes la quatrième fédération nationale, tous nos candidats sont des sortants, on compte deux ministres (Valérie Pécresse et Christine Boutin) et le président du conseil général, Pierre Bédier. » Pour finir, « le centre a toujours penché à droite chez nous, les candidats MoDem appelleront à voter pour notre candidat au second tour », veut-il croire.

Du coup, la gauche concentre ses maigres espoirs sur la 11e circonscription, où Ségolène Royal est arrivée en tête le 6 mai, avec 53 % des suffrages. A Trappes, la candidate socialiste a même réalisé l'un de ses meilleurs scores de France (70 %). La circonscription a été à gauche entre 1997 et 2002 avant de revenir entre les mains de Jean-Michel Fourgous, le maire d'Elancourt. Le PS y présente Safia Otokoré, proche de Ségolène Royal. Cette dernière lui a même réservé samedi sa seule visite de soutien dans le département.

Originaire de Bourgogne, Safia Otokoré a d'abord eu du mal à s'imposer face aux socialistes locaux. Notamment Guy Malandain, le maire PS de Trappes, qui aurait aimé se présenter. Tous ont fini par s'incliner, la circonscription étant réservée à une femme au nom de la parité. Depuis, la candidate fait tout pour concrétiser ses chances. Lucide, Patrick Malivet, patron des socialistes yvelinois, relativise : « La question n'est pas de savoir si on va gagner les législatives, mais comment certains vont parfaire des implantations locales en vue des municipales et des régionales. »

Les socialistes comptent enfin sur les ennuis judiciaires de Pierre Bédier pour faire un bon score dans la 8e. Dans les quartiers sensibles du Val-Fourré, à Mantes-la-Jolie, le président du conseil général devra aussi compter avec le candidat du MoDem, Aziz Senni. Le jeune chef d'entreprise, engagé dans l'associatif et auteur de L'ascenseur social était en panne, j'ai pris l'escalier, est convaincu de provoquer une triangulaire. « Si la cour d'appel confirmait la condamnation de Bédier, ce serait dommage de devoir reconvoquer les électeurs », avance-t-il.