Ile-de-France: La Sécu va fermer la moitié de ses accueils en Seine-Saint-Denis

SOCIAL Cette restructuration censée garantir la « continuité du service » mais qui passe mal dans l’un des départements qui concentre le plus de difficultés sociales...

20 Minutes avec AFP

— 

Illustration de la sécurité sociale.
Illustration de la sécurité sociale. — P.MAGNIEN / 20 MINUTES

La Sécurité sociale a décidé de fermer la moitié de ses points d’accueils dès septembre en Seine-Saint-Denis, une restructuration censée garantir la « continuité du service" mais qui passe mal dans l’un des départements qui concentre le plus de difficultés sociales.

« Garantir la continuité d’un service »

A la rentrée de septembre, 18 des 33 points d’accueil de ce département vont être fermés. Le nouveau « maillage territorial » décidé par la caisse primaire d’assurance maladie (CPAM 93) permettra de « prendre en compte les situations les plus complexes sur rendez-vous » tout en recentrant « son offre libre-service » via internet et des bornes automatiques, selon son directeur, Nicolas le Bellec.

« Mon objectif est de garantir la continuité d’un service qui s’est fortement dégradé ces dernières années » tout en tenant compte des contraintes budgétaires, explique à l’AFP M. Le Bellec. Dans ce département où travaillent 1.500 agents, les bénéficiaires, 1,5 million d’assurés sociaux, sont confrontés à des files d’attente interminables et des fermetures inopinées des centres de sécurité sociale, sans compter les problèmes de sécurité que peuvent rencontrer les agents.

La décision de la CPAM inquiète de nombreux élus, jusqu’au président PS du conseil départemental, Stéphane Troussel, qui doit participer jeudi à l’installation d’une bâche « Touche pas à mon centre de Sécu ! », sur une nationale à Bondy.

« Gravement pénaliser les usagers »

Pour M. Troussel, la fermeture des accueils de la Sécurité sociale « va gravement pénaliser les usagers » et va à l’encontre de « l’égal accès du service public ». Plusieurs maires ont déjà fait part de leurs inquiétudes. « Il faut qu’il y ait un service de proximité, et que les gens n’aient pas à faire des kilomètres. La santé c’est important », plaide le maire PS de Pierrefitte-sur-Seine, Michel Fourcade, qui craint « l’exclusion des plus fragilisés, ceux qui ne parlent pas bien le français ».

Dans sa commune, le centre d’accueil est déjà fermé depuis « trois ou quatre mois » et doit être supprimé. Les assurés doivent se rendre à Stains, une commune voisine, mais là-bas le centre est également « souvent fermé », selon le maire. L’accueil suivant est à Aubervilliers, à six kilomètres de là.

Pour le directeur de la CPAM toutefois, ce n’est « pas la proximité mais l’attention aux usagers qui doit primer ». « Je suis garant d’un service départemental et tous les assurés, où qu’ils se présentent, sont pris en charge », rassure-t-il, ajoutant que « la densité, la précarité et l’accessibilité en transport » ont été prises en compte pour déterminer la nouvelle carte départementale qui est encore « en cours d’ajustement ».