Paris: Le matin, «dernier moment» disponible dans l’emploi du temps de certains Parisiens

SOCIETE Une « wake-up party » s’est déroulée ce mercredi matin entre 6h30 et 10 heures sur une péniche du 7e arrondissement…

Romain Lescurieux

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La fête matinale Wakatepe ce mercredi dans le 7e arrondissement
La fête matinale Wakatepe ce mercredi dans le 7e arrondissement — R.LESCURIEUX

Métro-boulot-dodo-weekend-famille-amis-apéro… Dans le planning calibré et surchargé de certains Parisiens, chaque minute compte. Alors, ils sont de plus en plus nombreux à se trouver un nouveau créneau pour profiter : Le matin avant d’aller au boulot. Les professionnels l’ont bien compris et s’engouffrent dans la brèche. Du sport aux fêtes matinales, en passant par des activités de détente, l’offre s’élargit.

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Ce mercredi, c’est Wakapete. Une « wake-up party » qui s’est déroulée sur la péniche « Le Quai » (7e). Un concept de « before work » qui cartonne à Londres ou encore à Berlin et qui a débuté dans la capitale en 2014 avec les Morning Gloryville. « Vous allez être en forme et passer une journée magnifique », lance la professeure de yoga à une trentaine de personnes qui répètent les gestes minutieusement. A leur montre, il est bientôt 7 heures du matin.

Muesli « bio », graines et électro

« Le petit-déjeuner, c’est à droite. La grosse teuf, c’est à gauche », annonce à l’entrée « le gourou », vêtu de plumes. Près de 150 personnes se croisent sur le bateau. Certains sortent de la séance de yoga, d’autres « se délectent » de quelques graines et de muesli « bio », tandis que les enceintes commencent à cracher un son électro ou de « deephouse », comme on dit dans le jargon. Un trentenaire en costume aborde une jeune fille. « Salut, je t’offre un café ? » Il est 7h30.

Camille, une mère de famille de 33 ans, se dirigera dans quelques heures vers son agence de publicité, mais profite de cette « pause ». « Le matin c’est le seul moment que j’ai pour moi. Le reste c’est pour le travail, la famille, les amis », explique-t-elle. Même constat non loin du stand de thé. « C’est l’unique moment disponible dans mon emploi du temps. Ça oblige à se lever mais je vais aborder beaucoup plus détendue mes rendez-vous », détaille Alexandra, 37 ans, directrice de communication, qui ne cache pas un « risque de coup de barre à 19 heures ». Mais qu’importe, elle reviendra, assure-t-elle.

« Les Parisiens ont de plus en plus envie de faire quelque chose avant d’aller au boulot. Et il y a d’avantage d’offres. De notre côté, nous visons une clientèle qui bosse beaucoup mais qui veut profiter à fond. Nous leur proposons donc ce moment matinal, car faire la fête, prendre son petit dej’avec des amis et rencontrer des gens avant d’aller au boulot, ça permet de voir la journée autrement », affirme Olivier, 24 ans, co-fondateur de Wakatepe. Prix de l’événement : 25 euros sans la séance de yoga. « Il n’y a plus rien à manger et personne ne danse », fulmine près de la piste une jeune femme « dégoûtée ».

« Il ne faut pas casser le rythme de sommeil »

Non loin de la vibration des basses, sur le quai Anatole-France, les gens font leur footing, des exercices et de la corde à sauter. Et au Cercle de la Forme de République (11e), les sportifs répondent eux aussi présents à 7 heures du matin. « C’est une tendance qui reste stable par rapport aux autres années mais les gens continuent beaucoup à venir dès l’ouverture. », indique-t-on au standard.

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Car « avoir des activités le matin c’est bien, tant qu’il n’y a pas de privation de sommeil », explique Sylvie Royant-Parola, psychiatre et spécialiste du sommeil. « De plus, il ne faut pas casser le rythme. Le sport le matin c’est bon quand c’est régulier. Avoir une activité plus festive et sociable le matin peut entraîner l’horloge biologique, mais au risque d’être plus fatigué les jours qui suivent », ajoute-t-elle.