Seine-Saint-Denis: Jugé pour le meurtre d'un ado qu'il accusait de propager des rumeurs sur sa soeur

JUSTICE La sœur en question avait tourné dans une vidéo pornographique publiée sur Internet…

20 Minutes avec AFP

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Younes Haicheur comparaît jusqu'à lundi à Bobigny pour avoir tué Lionel, un jeune de son quartier retrouvé en arrêt cardio-respiratoire en 2013 au pied d'un immeuble de Saint-Denis.
Younes Haicheur comparaît jusqu'à lundi à Bobigny pour avoir tué Lionel, un jeune de son quartier retrouvé en arrêt cardio-respiratoire en 2013 au pied d'un immeuble de Saint-Denis. — Joel Saget AFP

Un homme de 21 ans est jugé depuis vendredi devant la cour d'assises de Seine-Saint-Denis pour le meurtre d'un adolescent de 16 ans, à qui il reprochait de «faire tourner» dans son quartier une vidéo pornographique de sa sœur.

Younes Haicheur comparaît jusqu'à lundi à Bobigny pour avoir tué Lionel, un jeune de son quartier retrouvé en arrêt cardio-respiratoire en 2013 au pied d'un immeuble de Saint-Denis, roué de coups. Il encourt 30 ans de réclusion.

«Je voulais pas le tuer »

La victime, qui se rendait à une fête le soir du 3 mai, avait croisé la route de Younes. L'accusé a expliqué qu'il voulait lui demander «des explications» car sa soeur avait joué dans un film porno et il estimait que Lionel «s'amusait à montrer» les images dans le quartier. Le ton était monté, ils s'étaient battus puis il a «perdu le contrôle».

«Je voulais pas le tuer, c'était un accident», a déclaré vendredi cet athlétique brun aux yeux noirs, cheveux rasés de près. «Vos coups de pied, de poing, ils sont bien volontaires, non? On ne peut pas dire que c'est accidentel», le reprend la présidente. Lionel, le crâne en sang, la marque d'une semelle de chaussure sur le visage, est hospitalisé dans le coma et succombe à ses blessures le surlendemain.

Une vidéo pornographique au cœur du conflit

Au coeur du conflit, qui durait depuis plusieurs semaines, cette vidéo qu'une soeur de Younes, deuxième enfant d'une fratrie de six, avait consenti à faire «pour l'argent» et qui avait été publiée sur un site internet. «Ma soeur, elle faisait des choses pas normales avec les garçons. J'étais au courant mais pas d'accord. Autour de moi, ça parlait, c'était lourd», a dit l'accusé, visiblement nerveux, se souvenant de la fois où une connaissance croisée dans la rue lui avait demandé «ta soeur elle prend combien?».

A l'époque, la vie de ce jeune homme déscolarisé après avoir échoué au bac, se résumait «à traîner dans le quartier», jouer au foot et fumer des joints. «C'était pour me détendre, pour échapper à la réalité», celle «des activités de ma soeur», s'est-il justifié.

Considérant qu'il s'est «acharné» sur la victime, décrite comme «le petit» par une enfant de 13 ans qui a assisté à la scène, la justice a retenu l'intention de tuer. Pour la défense, l'accusé traversait une «période difficile» mais n'est pas un meurtrier. Le verdict est attendu lundi.