Paris: Le policier ivre responsable d'un accident mortel est toujours en garde à vue

PARIS Il a tué un livreur ce jeudi matin en conduisant sous l’emprise de l’alcool...

Audrey Chauvet

— 

Les lieux de l'accident, le 28 mai 2015, sur le boulevard Sébastopol à Paris Lancer le diaporama
Les lieux de l'accident, le 28 mai 2015, sur le boulevard Sébastopol à Paris — MATTHIEU ALEXANDRE AFP

Le policier présumé avoir tué un livreur jeudi matin dans le centre de Paris alors qu’il conduisait en état d’ivresse était toujours en garde à vue vendredi matin. Il devait être déféré devant la justice, vraisemblablement en fin de journée, et doit encore être auditionné dans la journée de vendredi, a-t-on précisé.

Qui était Yazid, le livreur de pain tué par des policiers ivres?

Le brigadier-chef, qui était au volant d'un véhicule de police banalisé, présentait une alcoolémie de 2,13 grammes d'alcool par litre de sang, a indiqué jeudi une source judiciaire. C'est plus de quatre fois le taux légal (0,5 g) et près de trois fois le taux à partir duquel l'alcoolémie au volant devient un délit (0,8 gramme). Son collègue, un lieutenant qui était sur le siège passager, a été entendu comme témoin par les enquêteurs. Son taux d'alcoolémie était de 1,6 gramme d'alcool par litre de sang.

«Sanctions disciplinaires d'une très grande sévérité»

Les deux policiers, en poste à la police judiciaire (PJ) de Seine-Saint-Denis, revenaient d'une soirée dans une boîte de nuit du VIIIe arrondissement de la capitale, rue Pierre-Charron. Il s'agissait de la traditionnelle soirée annuelle d'un autre service de la PJ, un office central. Ils étaient hors service. Remontant le boulevard Sébastopol à vive allure en brûlant les feux rouges, selon des caméras de vidéosurveillance en la possession des enquêteurs, ils ont percuté à 04h15 une camionnette livrant du pain. Le conducteur, Yazid B., 40 ans, a été éjecté de son véhicule et est mort dans les instants qui ont suivi. Domicilié dans les Yvelines, il était marié et père de trois jeunes enfants.

«Si l'enquête judiciaire confirme les premières constatations et révèle un comportement fautif et inadmissible des policiers, ils feront l'objet de sanctions disciplinaires d'une très grande sévérité, indépendamment des poursuites pénales», avait assuré dans un communiqué le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve. «Dans l'attente des conclusions des enquêtes en cours, ils seront immédiatement suspendus», avait-il ajouté.