Paris: S. Pri Noir, vers son deuxième opus et au-delà

MUSIQUE Retour sur le parcours du jeune rappeur parisien S.Pri Noir, qui sort son deuxième EP ce lundi 1er juin...

Pauline Pidoux

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S. Pri Noir sort son deuxième EP.
S. Pri Noir sort son deuxième EP. — Fifou

« Je n’étais pas prédestiné à rapper », s’étonne encore S.Pri Noir. Son rêve, c’était devenir un grand joueur de football. Mais, aujourd’hui, il prépare la sortie ce lundi de son deuxième EP, Le monde ne suffit pas. Un opus de dix titres de rap conscient, avec des featuring avec notamment Dr. Bériz et Nekfeu.

Tout a commencé en 2009, « à cause ou grâce à mon cousin, je ne sais pas encore… », se souvient S.Pri Noir. Son cousin Blame l’embarque dans un petit studio d’enregistrement à Belleville (19e) et l’enfant du 20e arrondissement de Paris pose sa voix sur son premier texte écrit pour l’occasion. Le déclic se fait. « Ça m’a semblé être une suite logique. Je dansais, je graffais un peu au collège, il ne me manquait que le rap dans les disciplines du hip-hop », raconte S. Pri Noir avec le sourire. Malick Mendosa, de son vrai nom, choisit alors comme blaze son pseudo MSN de l’époque.

« La force des choses »

Le projet du jeune MC devient sérieux en 2011, une fois sa licence en marketing en poche. Il monte, avec les rappeurs Still Fresh et Moblack, un label « familial » : Nouvelle Ecole. « Il n’y avait jamais eu de label créé dans mon quartier, à Fougères (20e), explique S. Pri Noir à 20 minutes. Même si c’est Still Fresh qui a d’abord amené une exposition sur le label », S. Pri Noir fait désormais partie de la « relève » du rap français.

Malick Mendosa a la tête sur les épaules et garde du recul sur cette ascension dans le milieu du rap, qui s’est faite « par la force des choses ». « Je veux avant tout faire de la bonne musique, me mettre au niveau de ceux que j’écoute », affirme-t-il. C’est pour cette raison qu’il veut se laisser le temps et commencer par apprivoiser son public avec des EP.

Ne pas décevoir le public

Un public qui semble répondre présent depuis le début. « Ce qui m’a le plus marqué, c’était à un de mes premiers concerts au Social club. Quand je suis monté sur scène, j’ai vu la salle et les 400 spectateurs. J’ai pris conscience qu’ils venaient tout juste pour moi… » Ceux qui écoutent sa musique se reconnaissent souvent dans ses paroles revendicatrices. « A travers mon expérience, les gens trouvent des clefs, mais que je ne donne pas forcément consciemment », raconte-t-il à 20 minutes.

Le rappeur ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Depuis le début, son objectif c’est de sortir son premier album, qui est d’ailleurs en phase de conception. Plein d’ambitions, il le rêve encore meilleur que ses premiers EP. « Si tu ne progresses pas, il faut arrêter ! », affirme-t-il sans défaillir. « Mais tant que c’est possible financièrement et physiquement, je rapperai ! »