Paris: Ground Control transforme une friche ferroviaire en lieu de vie

SORTIE Avec l’arrivée de l’été, les lieux éphémères germent à Paris. Comme le bar Ground Control, qui pose ses valises dans un dépôt SNCF du 18e arrondissement, jusqu’en octobre…

Pauline Pidoux

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Des espaces de restauration sont présents sur le lieu. Lancer le diaporama
Des espaces de restauration sont présents sur le lieu. — P. Pidoux / 20 minutes

C’est une nouvelle vie pour cet ancien atelier de réparation de locomotives du 18e arrondissement. Après avoir exploré le rez-de-Seine sous la Cité de la mode l’an dernier, le bar éphémère Ground Control a jeté son dévolu sur le dépôt SNCF de La Chapelle pour sa deuxième édition, lancée il y a quelques jours. « C’est un lieu historique, on a voulu le réinventer avant sa destruction », explique Denis Legat, cofondateur du projet.

En descendant les escaliers de fer, qui relient la rue au terrain loué à la compagnie ferroviaire, les visiteurs accèdent à cet espace à mi-chemin entre « le village et le mall [supermarché américain]. Mais pas les mall contemporains, ceux des années 50 ! »

« On sera certainement taxé de bobos… »

Jardin, bistrot, restaurant, brocante, salle de concerts… Le lieu « polymorphe » réunira artistes et artisans de mai à octobre pour créer une « destination libre et curieuse ». Privilégier la nouveauté, Denis Legat y tient. Mais il insiste également sur le « conso-slow, c’est-à-dire préférer le bon au rapide ».

Lui-même fils d’agriculteurs, il souhaite apporter un peu de nature au cœur de la ville avec Ground Control. En témoignent le poulailler, collé au jardin, où se dandinent quelques gallinacés, et la transhumance qui aura lieu durant l’été avec l’intervention des Bergers urbains.

Avec ce positionnement artistico-écolo, l’organisateur sait qu’ils seront « certainement taxés de bobos et de parisianistes, même si c’est ce que l’on veut éviter. » Et pour ça, le bar éphémère espère intégrer le quartier et le faire participer à la vie du lieu. Sans déranger les voisins, avec une fermeture à minuit…

Garder l’esprit du lieu

Quelques jours après la pré-ouverture, qui a rassemblé 3.000 personnes, l’heure est encore aux travaux. « Le piano ? Mets-le dehors », propose Denis aux ouvriers présents sur le site ce jeudi matin, entre deux bruits de perceuses et trois cafés. Sur les trois hectares et demi de disponible, 5.000 m² sont utilisés pour l’événement et aménagés avec du mobilier chiné, qui sera mis à la vente à la fin.

Si l’espace est adapté aux manifestations qui se dérouleront sur les cinq mois de présence, il garde son côté industriel. Pour exploiter ce patrimoine, Ground Control organisera des visites avec des historiens au milieu des hangars et du matériel encore présent.

« En octobre, on partira et le lieu sera sûrement détruit », raconte Denis Legat en contemplant la fresque réalisée par le graffeur Nychos sur le thème du train. L’heure n’est de toute façon pas à la pérennisation du bar, dont les 80.000 participants de l’an dernier prouvent le succès. Même si l’organisateur ne s’interdit rien…