Paris: L’opacité dans l’attribution des places en crèches persiste

ENFANTS Au mois de mai, les mairies dévoilent les listes d’attributions de places en crèches, dont les critères sont parfois considérés comme opaques…

Pauline Pidoux

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Illustration d'une crèche municipale.
Illustration d'une crèche municipale. — VALINCO/SIPA

Alors que le personnel des crèches de la Ville de Paris se prépare à faire grève ce jeudi 28 mai, à l’appel de la CGT-Petite enfance pour dénoncer le manque d’effectif, certains parents, eux, s’agacent du trop peu de places. Comme cette jeune maman du 18e arrondissement, qui se voit refuser une place en crèche pour sa fille, pour la deuxième fois. « Je suis assez remontée, explique-t-elle à 20 Minutes. On ne connaît pas l’ensemble des critères à réunir pour obtenir une place ! »

Une réaction que partagent beaucoup de Parisiens, dans une ville où il y a 38 places de crèches pour 100 enfants, selon une étude de l’Ined publiée en 2014. Et c’est l’opacité des conditions d’attribution qui est la plus souvent critiquée et qui provoque un sentiment d’inégalité. D’autant plus que ces critères varient selon les arrondissements, même si, depuis 2001, ils sont discutés en commission dans chacune des mairies d’arrondissement et se généralisent avec une priorité donnée aux parents qui travaillent ou encore aux petits revenus.

Plus de transparence

A la mairie du 18e arrondissement, l’adjointe à la petite enfance a décidé de s’appuyer sur les mathématiques pour assurer davantage de transparence. En 2014, Violaine Trajan a donc créé une grille de cotation où chaque famille reçoit un certain nombre de points, selon son activité professionnelle, ses ressources et si elle se trouve dans une situation spécifique, comme pour un enfant handicapé ou des parents mineurs.

« Ce sont les mêmes critères qu’avant, sauf qu’on remplit un tableau sur l’ordinateur pour avoir des résultats plus objectifs », explique l’élue, pour qui cela représente un gain en temps et en efficacité.

« On arrive à avoir une meilleure représentativité de la population dans les crèches grâce à ce système de scoring, se réjouit Violaine Trajan. Par exemple, si des familles ont le même score, on peut les départager selon les besoins des directrices de crèche. » Par exemple, si l’une a beaucoup d’enfants issus de familles monoparentales, elle prendra un enfant qui vit avec ses deux parents, pour équilibrer.

Mais toujours des zones d’ombre ?

« Mais on ne sait pas combien de points on a, c’est la mairie qui remplit », souligne la jeune femme du 18e, qui tente de concilier vie professionnelle et vie « de maman ». Le score est en effet connu seulement par la commission d’attribution. Mais il peut être donné par le Relais info familles aux parents qui le demandent et, ainsi, expliquer l'attribution et la décision.

« Dans certaines crèches, on peut avoir de la place pour des parents qui ont un score de 5/10, alors que pour d’autres il n’y aura pas de places pour ceux en dessous de 6/10», résume Violaine Trajan pour expliquer certaines incompréhensions.