Paris: La limitation à 30 km/h «n’aura aucun effet bénéfique sur la qualité de vie»

TRANSPORTS Des associations d'automobilistes critiquent point par point le projet sur lequel le Conseil de Paris se prononce ce mardi…

Romain Lescurieux
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Une zone limitée à 30 km/h à Paris, en 2012.
Une zone limitée à 30 km/h à Paris, en 2012. — M. Bureau / AFP

« C’est une mesure unilatérale prise sans aucune concertation avec les Parisiens et les associations d’automobilistes », déplore Simon Midal, président déléguée de l’Automobile club association (ACA) Paris-Ile-de France.

La limitation de vitesse à 30 km/h pourrait entrer en vigueur à la fin de l’année

Ce mardi, le Conseil de Paris doit se prononcer sur une limitation de la circulation à 30 km/h dans le centre et l’Est de la capitale, un engagement de la maire Anne Hidalgo qui veut « généraliser les zones à 30 km/h d’ici à 2020, afin d’apaiser l’espace public, de rendre la rue plus sûre et de réduire les nuisances sonores liées au trafic routier. Mais pour les associations d’automobilistes cette mesure n’a « aucun sens ».

« Etendre cette mesure à autant de secteurs est un abus »

« Les Verts et la Mairie continuent leur politique aberrante de supprimer la voiture dans la capitale. Mais à Paris, on prend la voiture parce qu’on n’a pas le choix », ajoute-t-il. Et selon lui, les premiers pénalisés ne seront pas les Parisiens, mais ceux « qui traversent la capitale et ceux qui y travaillent », affirme Simon Midal. « Cette mesure se justifie dans certaines zones, proches des écoles par exemple, mais l’étendre à autant de secteurs, c’est un abus. »

Le programme soumis par Christophe Najdovski, adjoint écologiste à la Maire de Paris chargé des transports, des déplacements et de l’espace public, prévoit de passer en zones à 30km/h «l’ensemble de l’hyper-centre : 1er, 2e, 3e et 4e arrondissements », précise Anne Hidalgo. Il « complète également le maillage des "zones 30" existantes avec de nouveaux périmètres dans les 8e, 11e, 12e, 13e, 17e et 20e arrondissements ». Pierre Chasseray, délégué général de l’association 40 Millions d’automobilistes, dénonce une mesure « inefficace ».

« S’ils mettent des radars dans ces zones, ils vont choper tout le monde »

« Dans un premier temps, un véhicule pollue plus à 30 km/h qu’à 50 km/h. Deuxièmement, la vitesse moyenne de déplacement à Paris est de 17km/h. Enfin, concernant les émissions sonores, une étude menée par l’Ademe a révélé qu’entre 45 et 20 km/h, une diminution de la vitesse provoque une augmentation des émissions sonores, car le bruit du moteur est prépondérant […] Donc ça n’aura aucun effet bénéfique sur la qualité de vie des Parisiens », note-t-il. Lui, propose l’amélioration de la qualité des revêtements routiers, « qui influent non seulement sur les émissions sonores des véhicules, mais aussi sur la consommation de carburant ».

Enfin, l’ACA et 40 Millions d’automobilistes voient surtout dans cette mesure un moyen de « couvrir le déficit de la ville », grâce aux contraventions, insiste Simon Midal. « S’ils mettent des radars dans ces zones, ils vont choper tout le monde », grince Pierre Chasseray.