Mort de Clément Méric: Les protagonistes sur les lieux du drame pour une reconstitution

JUSTICE Clément Méric est mort à la suite d'une rixe avec des militants d'extrême droite…

20 minutes avec AFP

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La rue Caumartin au lendemain du dŽcs de ClŽment MŽric, le 6 juin 2013.
La rue Caumartin au lendemain du dŽcs de ClŽment MŽric, le 6 juin 2013. — Charlotte Gonthier/20 Minutes

Deux ans après la mort du jeune militant Clément Méric, les protagonistes de la rixe ont été convoqués ce mardi, dès l'aube, le temps d'une reconstitution sur les lieux du drame. Les quatres personnes mises en examen et les trois militants antifascistes, dont l'un est témoin assisté depuis avril, étaient présents.

Les juges d'instruction ont ordonné cette reconstitution, en présence d'enquêteurs de la Brigade criminelle, pour mieux cerner le déroulement de cette bagarre mortelle, décrite comme violente et très brève.

Les personnes convoquées sont arrivées dans ce quartier commerçant entre les grands magasins et la gare Saint-Lazare (VIIIe) avant l'ouverture des boutiques, vers 5h, accompagnées de leurs avocats, a constaté un journaliste de l'AFP. Des barrières, gardées par des CRS, avaient été installées de chaque côte de la rue pour tenir à distance les curieux.

Une bagarre à mains nues 

Les juges avaient écarté une intention de tuer, en mettant en examen deux skinheads, Esteban Morillo et Samuel Dufour, pour violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner, et deux autres pour violences.

Esteban Morillo, présent mardi matin à la reconstitution, a reconnu dès le départ avoir porté un premier coup de poing, à main nue, au visage de Clément Méric, parce qu'il se sentait menacé. Une fois la bagarre engagée, son second coup de poing a fait chuter l'étudiant de Sciences-Po, alors en rémission d'une leucémie.

Samuel Dufour conteste, lui, les coups sur Clément Méric. L'un des «antifas» a même confirmé cette version aux juges. Morillo et Dufour ont été remis en liberté après plus d'un an de détention provisoire.

Les zones d’ombres de l’enquête

L'enquête avait rapidement permis de retracer le scenario du drame. Le 5 juin 2013, dans l'après-midi, Clément Méric et Esteban Morillo ne sont pas encore là quand les deux groupes se croisent par hasard dans une vente privée de vêtements prisés par les deux mouvances. Selon plusieurs témoins, les invectives partent des militants d'extrême gauche, qui disent avoir vu les skins ranger des poings américains. De leur côté, les skins appellent des renforts, dont Esteban Morillo.

L'un des vigiles de la vente demande aux antifascistes de partir, mais ces derniers, rejoints par Clément Méric, restent dans la rue. Le vigile demande alors aux skinheads de sortir par la droite, pour éviter de rencontrer leurs ennemis. Mais ils choisissent de partir à gauche. Sont-ils allés directement à la rencontre de l'autre groupe, ont-ils été alpagués? Chaque camp s'accuse d'avoir provoqué la bagarre.

Autre interrogation, Morillo et Dufour sont soupçonnés d'avoir utilisé un poing américain, une arme prohibée, ce qu'ils contestent, malgré des témoignages. Des SMS de Samuel Dufour au soir des faits, révélés par une expertise, allaient dans ce sens. «J'ai frappé avec ton poing américain», disait l'un d'eux.

Mais selon une récente expertise médicale, les blessures des antifascistes n'évoquent pas l'utilisation d'une telle arme.