Paris: Le projet de forfait taxi entre la capitale et ses aéroports revient sur le tapis

TRANSPORT Ces forfaits doivent permettre une tarification plus claire et plus avantageuse. Une réunion est prévue ce jeudi matin pour avancer sur ce projet…

Fabrice Pouliquen

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Les taxis parisiens prévoient de se mobiliser ce jeudi 21 mai boulevard Vincent-Auriol (13e) où doit se tenir une réunion sur les «forfaits taxis».
Les taxis parisiens prévoient de se mobiliser ce jeudi 21 mai boulevard Vincent-Auriol (13e) où doit se tenir une réunion sur les «forfaits taxis». — Kenzo Tribouillard AFP

Un an après avoir été évoqué par Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères, le sujet des forfaits taxis entre Paris et ses aéroports refait surface. Une réunion est prévue ce jeudi à 9h, entre le gouvernement et les syndicats de taxis, qui appellent à une mobilisation devant la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), boulevard Vincent-Auriol à Paris (3e) où se tiendra la réunion. 20 Minutes fait le point sur ce sujet épineux.

Quel est l’enjeu de la réunion ?

« Il s’agira de présenter les options techniques et juridiques retenues et le montant des forfaits », indique-t-on au cabinet de Carole Delga, la secrétaire d’état chargée du commerce et de l’artisanat. Les syndicats taxis seront autour de la table et pourront soumettre leurs remarques. »

Il y a un an, Laurent Fabius présentait ces forfaits taxis comme un corollaire à l’installation de voies réservées aux bus et aux taxis sur les autoroutes A1 et l’A6, reliant Paris à Roissy-Charles-de-Gaulle et à Orly. Or, le dispositif est en place depuis le 29 avril sur l’A1 et suivra sur l’A6 début juin.

Que prévoient ces forfaits ?
Quatre forfaits seraient à l’étude. Deux par aéroports. « Le prix varierait en fonction du lieu dépose du client, explique Mohamed Khademi, de la CGT taxi. Un Roissy-Paris couterait 55 euros pour une prise en charge ou une dépose rive gauche et 50 euros rive droite. Inversement, pour Orly, le tarif irait de 35 euros pour une prise en charge ou une dépose rive droite et 30 euros rive gauche. » Ces forfaits, imposés à tous les taxis, seraient applicables quels que soient le jour, l’heure et les conditions de circulation. « Ils permettraient aussi aux clients de ne plus payer la course d’approche, c’est-à-dire le déplacement fait par le taxi pour venir chercher son client », précise Renaud Christol, avocat du cabinet August & Debousy spécialiste du droit à la concurrence. De nombreuses grandes villes appliquent ce type de forfaits sur les dessertes d’aéroport. »

Qu’est-ce qui ne va pas avec la tarification horokilométrique ?
La tarification actuellement en vigueur fait dépendre le prix de la course du nombre de kilomètres parcourus et du temps passé dans la voiture. En la remplaçant par un forfait taxi, le gouvernement dit vouloir instaurer des pratiques plus claires, notamment pour les touristes.

Ce n’est pas le seul enjeu, indique Renaud Christol. Ces forfaits taxis étaient évoqués dans le rapport Thévenoud et avant cela dans une note de l’Autorité de la concurrence. Il s’agissait alors de favoriser les taxis en leur permettant d’instaurer des forfaits, plus intéressant pour le client, et ainsi mieux concurrencer les Véhicules de tourisme avec chauffeurs (VTC). » Ces VTC appliquent déjà d’ailleurs pour la plupart ce type d’offres. »

Pourquoi les taxis grognent ?
C’est d’abord une question de montant. 55 euros, le prix le plus élevé prévu par le projet, est un tarif en dessous d’une course Roissy-Paris aux heures de pointe. « Qui va payer au chauffeur le temps passé à attendre dans les bouchons ?, demande Mohamed Khademi. Dans d’autres cas, le client sera perdant. Une course entre Orly et Paris rive gauche peut coûter moins de 30 euros aujourd’hui. » « Ces forfaits ne nous permettront pas de rivaliser avec les VTC, ajoute Ibrahima Sylla, président de l’association Taxis de France. Ils pourront toujours appliquer des tarifs à 20 euros. Ils font ce qu’ils veulent, on ne leur impose aucun tarif. »

Quant aux voies dédiées aux taxis, la contrepartie promise par le gouvernement, « elles n’ont pas encore fait leurs preuves, poursuivent Mohamed Khademi et Ibrahima Sylla. Il faudrait surtout des voies réservées sur toutes les autoroutes qui mènent à Paris. »