Paris : Qu'est-ce qui les fait tant courir... entre collègues de travail?

SPORT Ce jeudi soir, La Défense accueille la première édition de la «Run to work», une épreuve de course à pied dédiée aux entreprises. Une nouvelle tendance qui s'affirme...

Fabrice Pouliquen

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Des salariés de l'entreprise Technip, à la Defense, partent pour un footing deux jours avant la course Run at work, une course à pied entre collègues de travail
Des salariés de l'entreprise Technip, à la Defense, partent pour un footing deux jours avant la course Run at work, une course à pied entre collègues de travail — F. Pouliquen / 20 Minutes

Réservée aux filles, sous des couches de peinture, avec obstacles ou que des marches… Ces dernières années, la course à pied se conjugue à toutes les sauces. La liste de ces épreuves à thème s’allongera encore ce jeudi soir, à La Défense, avec la première édition de la « Run at work ». Une course dédiée aux entreprises, à 18h, la journée de travail fini, entre les buildings. Elle réunira 3.000 coureurs issus d’une centaine de sociétés pour une course de 6 kms.

« Le concept est éprouvé depuis longtemps dans les pays anglo-saxons, précise Jean-Philippe Benoist, co-fondateur d’Urban Challenge, start-up qui prépare les motivés à la course à pied. La banque JP Morgan organise chaque année un challenge d’épreuves dédiées aux entreprises dans une dizaine de villes du monde entier. »

Au pied des bureaux, entre 12h et 14h

Paris se met donc à la carte. La Run at work n’est qu’un premier rendez-vous. En septembre, la B2RUN, autre épreuve de running dédié aux entreprises et venue d’Allemagne, investira le stade de France. « Cet essor n’est que la continuation de l’intégration du sport en entreprise comme outil de management, observe Patrick Mignon, sociologue du sport. Cela a commencé en 1980. Cette intégration s’appuie particulièrement sur le boom de la course à pied aujourd’hui, parce qu’il s’agit de l’activité la plus simple à mettre en œuvre. »

Les entraînements peuvent en effet se faire au pied des bureaux. A Technip, entreprise spécialisée dans l’ingénierie pétrolière et gazière (3.000 employés en région parisienne), « cela se fait souvent sur la pause midi entre 12h et 14h, raconte Floriane Lassalle-Massip, responsable communication de la société pour l’Europe de l’Ouest, l’Afrique et l’Inde. Il s’agit alors de préparer des courses à pied entre collègues. L’an dernier, nous avions 109 inscrits à La Parisienne. Certains préparent aussi des marathons. »

Teambuilding et image de l’entreprise

Ces joggings entre collègues sont de moins en moins informels et spontanés. « Nous travaillons de plus en plus avec des services RH d’entreprises qui nous demandent de mettre en place des cours de sport en leur sein. Notamment des entraînements à la course à pied », indique Jean-Philippe Benoist, à Urban Challenge. Nous ne l’imaginions pas il y a quelques années, mais cela représente aujourd’hui 30 % de nos activités. »

Si les entreprises s’y investissent, c’est qu’elles ont à gagner. C’est d’abord une question de teambuilding. « Il ne faut pas voir le jogging comme un sport individuel, explique Patrick Mignon. Quand on démarre, on a besoin d’être entouré pour se motiver, se surpasser. Et lorsque cela va mieux, on discute alors entre collègues. » Natacha et Rocio acquiescent. Employées dans le même service chez Technip, elles seront sur la ligne de départ ce jeudi soir. « Pour s’amuser, précisent-elles. Avec un peu d’entraînement, six kilomètres est une distance qu’on peut pour beaucoup tenir. Notre participation est partie d’un pari entre collègues. Cela anime la vie au bureau et, aux entraînements, on fait la connaissance d’autres salariés. »

Mais l’enjeu va au-delà du team building. Il est aussi question d’image. A la Run to work, rares sont les coureurs qui ne porteront pas un tee-shirt à l’effigie de leur entreprise. « Notre motivation est avant tout interne, mais c’est aussi une très bonne façon de véhiculer nos valeurs, notre dynamisme, d’attirer des talents et de nous faire connaître auprès des autres entreprises de la Défense », estime Floriane Lassalle-Massip.