Ile-de-France: La gauche en ordre dispersé pour les élections régionales

POLITIQUE Le Parti socialiste, qui n'a pas encore désigné son candidat, va devoir composer avec la candidature EELV d'Emmanuelle Cosse et ses divergences avec le PCF...

M.G. avec AFP

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Jean-Paul Huchon et Claude Bartolone, le 8 mai 2015.
Jean-Paul Huchon et Claude Bartolone, le 8 mai 2015. — CHAMUSSY/SIPA

Un début de campagne qui sent le soufre. Au lendemain d'élections départementales marquées par de fortes divisions à gauche, les régionales, qui se dérouleront en décembre, crispent déjà à gauche. Entre guerres intestines et divergences de vue avec le PCF ou EELV, le Parti socialiste a en effet bien du mal à rassembler, notamment pour les trois raisons suivantes.

La Parti socialiste n'a pas de candidat désigné

Après son entrée en lice, mercredi, Claude Bartolone a finalement réussi ce lundi à rallier à sa candidature du président sortant, Jean-Paul Huchon. Jeudi dernier, Marie-Pierre de la Gontrie, autre prétendante à l'investiture, l'avait précédée. Elle devait initalement affronter le président sortant lors d'une primaire devant les militants PS, le 28 mai.

Dans Le Monde, ce lundi, Huchon avait pourtant réaffirmé être «le patron d'une région de 12 millions d'habitants» qu'il a «gagné trois fois. On ne me traite pas comme une serpillière». Avant finalement d'acter dans un communiqué publié en fin de journée, en forme de volte-face: «Les conditions du rassemblement des socialistes derrière Claude Bartolone sont aujourd'hui réunies. Tous deux, candidat des socialistes et président de région, travaillerons ensemble à un rassemblement plus large encore, permettant la victoire de la gauche en décembre prochain.» On n'en sait pas plus en revanche sur les compensations obtenues par le président sortant...

Les divergences de vue entre PCF et PS

«Points de divergence très lourds» selon le PCF, reprise de contact «constructive» pour le PS... Au terme de leur rencontre, ce lundi, les directions du Parti communiste français (PCF) et du Parti socialiste (PS) étaient au moins d'accords sur leur désaccord quant à la cause des échecs aux précédents scrutins. «Nous sommes divisés sur l'analyse de ce qui fait notre échec», a en effet convenu le secrétaire du PS chargé des relations à l'extérieur Luc Carvounas, selon lequel ce n'est pas pour autant «insurmontable».

Reste que pour «travailler au rassemblement», mais «sur une politique de gauche», a prévenu le porte-parole du PCF, la route n'est pas complètement tracée. Les deux délégations ont donc «convenu de se revoir prochainement pour approfondir la discussion», a souligné Jean-Christophe Cambadélis dans un communiqué.

EELV y va seul

Si le rassemblement se fait à gauche, ce sera toutefois sans Europe-Ecologie Les Verts (EELV), dont la secrétaire nationale Emmanuelle Cosse a été investie, dimanche 10 mai par le conseil fédéral, pour conduire la liste EELV en Ile-de-France. Cette stratégie du cavalier seul, déjà utilisée en 2010, s'était alors avérée payante, puisque la liste conduite par Cécile Duflot avait alors obtenu 16,58% des voix.

 

Pour voir un hypothétique accord avec le PS, il faudra donc attendre un éventuel second tour. La désormais candidate a en effet estimé ce samedi que le fait de «partir en autonomie» au premier tour des élections régionales «n'empêche pas de se réunir au second tour autour d'un contrat».