Paris: Cet été, le RER A ferme... Prenez donc une sharette

TRANSPORT Pour pallier la fermeture estivale du RER A entre La Défense et Auber, la RATP veut miser sur le covoiturage et noue un partenariat dans ce sens avec la start-up parisienne Sharette... 

Fabrice Pouliquen

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Illustration d'un covoiturage entre trois personnes.
Illustration d'un covoiturage entre trois personnes. — A. GELEBART / 20 MINUTES

Qu’est-ce qui peut rapprocher la RATP d’un site de covoiturage? A première vue, pas grand-chose. Certes, dans les deux cas, on parle de mobilité. Mais entre une rame de métro ou de RER et la voiture cinq places qui s’essaie au covoiturage, les capacités de transport ne sont pas les mêmes. Pourtant, la RATP va bel et bien officialiser ce mercredi un partenariat avec la start-up Sharette, spécialisée dans le covoiturage courte distance. Petite explication.

Pourquoi la RATP s’intéresse au covoiturage ?
L’enjeu de ce partenariat est de suppléer à la fermeture de la ligne A du RER entre La Défense et Auber, cet été pour cause de travaux, entre le 25 juillet et le 23 août. Ce partenariat est avant tout technologique. «Nos covoiturages sharette apparaîtront dans les recherches d’itinéraires que les usagers lanceront sur l’application mobile de la RATP», indique Catherine Vallet, dans l’équipe de Sharette. Une campagne de communication commune sera aussi lancé pour inciter les Parisiens à covoiturer.

Ce partenariat est-il inédit?
La SNCF, aussi, tente de doper le covoiturage courte distance. En décembre, elle a lancé Idvroom, une plateforme de covoiturage courte distance, pour offrir de nouvelles solutions de transports sur les trajets domicile-travail, l’accès aux gares ou encore aux zones d’emploi et centres commerciaux mal desservis par les transports publics. «Mais l’idée est aussi de proposer une alternative aux passagers pendant les travaux qui affectent le réseau RER», expliquait alors Alain Krakovitch, directeur de SNCF Transilien. En particulier cet été, avec la fermeture pour travaux du RER C du 15 juillet au 22 août entre les stations Javel et Austerlitz.

Le covoiturage est-il une solution crédible pour pallier des fermetures de ligne?
Soyons francs, à l’heure actuelle, c’est non. Dominique de Ternay, responsable marketing de la RATP, n’y voit «qu’une offre complémentaire qui ne peut que peser à la marge dans les solutions qui seront mises en place cet été pour pallier cette fermeture.» A côté, la RATP prévoit également des renforts sur huit lignes de métro, dont la 1, sur les lignes de tramway T2 et T3 et plusieurs lignes de bus. La SNCF prévoit aussi de renforcer les lignes de train L et J «Pour Sharette, l’objectif est d’atteindre 75.000 inscriptions au site d’ici la fin de l’été, annonce Dominique de Ternay. Le covoiturage courte distance à besoin de déclic pour se développer. Ce partenariat peut en être un.» Il ne se limitera pas aux travaux du RER A. «Les covoiturages Sharettes seront proposées sur l'ensemble du réseau RATP et ce premier partenariat court jusqu'à fin décembre», poursuit Dominique de Ternay. Il pourrait être reconduit. La RATP entame tout juste son plan RVB (renouvellement voie et ballast) qui prévoit, pour les sept étés à venir, des fermetures sur le RER A pour travaux.

Des incitations sont-elles prévues pour mettre les Parisiens au covoiturage?
Idvroom et la SNCF ont misé sur les remboursements de frais. «L’abonné à un passe Navigo est remboursé de son trajet lorsqu’il doit faire du covoiturage à cause de travaux sur une ligne de RER et le conducteur, lui, est payé le double de ce qu’il aurait dû recevoir», explique Olivier Demaegdt, directeur d’Idvroom. A Sharette, on met en avant «un tarif à 2 euros pour les passagers, quel que soit le trajet», précise Catherine Vallet. «Nous envisageons également de garantir un dédommagement aux conducteurs qui ont fait l’effort de proposer un trajet sur Sharette, mais qui n’ont pas trouvé de passager», précise Dominique de Ternay.