Paris: Les étudiants des grandes écoles se mettent à votre service

Innovation Un nouveau service à la demande, Crème de la crème, met en relation les étudiants des grandes écoles françaises et des particuliers ou entreprises...

Pauline Pidoux

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Entrée de la Haute école de commerce. Lancer le diaporama
Entrée de la Haute école de commerce. — PIERRE-FRANCK COLOMBIER / AFP

Se faire corriger un business plan par un étudiant d’HEC ou bénéficier de conseils marketing d’un élève de l’Essec en envoyant un simple texto, c'est possible. C’est même le principe de Crème de la crème, un nouveau service à la demande créé par des étudiants des grandes écoles et lancé mi-avril. «Avec ce site, on fait profiter les particuliers et les entreprises de toute la France de notre réseau», explique Théo Dorp, étudiant à l’École des hautes études commerciales (Edhec) à l’origine du projet. Avec ses associés, Jean-Charles Varlet et Jeremy Bellaiche, il souhaite éclater la bulle des écoles prestigieuses, «très compliquée à infiltrer» depuis l’extérieur.


 
Exemples de demandes de particuliers à Crème de la crème. - Crème de la crème

Des étudiants motivés

Une centaine d’étudiants ont déjà rejoint ce projet. «Ils n’ont pas encore la valeur du marché mais ils ont les compétences», souligne Théo Dorp pour justifier les prix abordables des services proposés. Des tarifs étudiés au cas par cas, sur lesquels la société prend une commission.

Parmi ces premiers étudiants à tenter l’expérience,Yann Colnot. C’est sur les réseaux sociaux et les groupes de l’Essec qu’il découvre Crème de la crème. Très rapidement, les créateurs lui ont proposé une mission: la remise en forme pour une étude de marketing pour une soixantaine d’euros. Pour qui? Il ne sait pas. Les entreprises, ou particuliers, qui font appel à ce service restent confidentiels. Crème de la crème joue les intermédiaires. «Si l’occasion se présente, je ferai d’autres missions, affirme l’étudiant de 23 ans. Je préfère ça à celles proposées par Junior Essec conseil [structure professionnelle gérée par des étudiants de l’Essec], au moins, on n’a pas besoin de se déplacer!»

Un secteur en pleine expansion

Le fonctionnement de Crème de la crème s’inscrit dans la lignée de Magic, un service à la demande pour… tout et n’importe quoi. D’ailleurs, les designs des deux sites sont quasiment identiques. «Mais nous n’avons pas copié Magic, reprend l’étudiant de 21 ans. Nous n’avons ni le même positionnement, ni le même secteur.»

Fortes ressemblances entre les sites Magic et Crème de la crème. - Crème de la crème / Magic

Ce ne sont pas les seuls à avoir été inspirés par ce pionnier américain lancé fin février. Le succès du concept – 17.000 requêtes dans les premières 48h de Magic – fait rapidement germer en France des sites comme Majordome, Clac des doigts  ou Toutcequejeveux. Les utilisateurs peuvent commander un burger, des fleurs, un pneu… Seule limite: la légalité.

Une future application

Si Crème de la crème fonctionne actuellement par envoi de SMS, les jeunes entrepreneurs espèrent lancer une application mobile cet été. Les étudiants de Sciences Po, de Polytechnique ou encore de la Sorbonne recevront la demande sur leur téléphone et le plus réactif d’entre eux prendra la mission.

Un système qui peut ouvrir la voie à des requêtes qui ne nécessitent pas les savoir-faire spécifiques des élèves des grandes écoles françaises et effacer l’originalité du projet. «On ne se ferme aucun marché, mais ce genre de demande n’est pas la priorité!», anticipe Théo Dorp.