Violences: des chiffres qui ne font pas autorité

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A l’instar du ministre de l’Intérieur, les policiers des renseignements généraux travaillent leur communication. La direction des RG vient de rendre publique une note dans laquelle elle constate un « net recul » des violences urbaines les plus graves. D’après ce document, entre le premier semestre 2002 et le premier semestre 2003, émeutes, batailles entre bandes et agressions de policiers sont devenues plus rares dans les cités, notamment en Ile-de-France. Environ 130 faits de relative importance ont été constatés, de janvier à juin 2003, à Paris et dans sa banlieue, contre près de 150 durant les six premiers mois de 2002. Ces délits sont en baisse dans tous les départements franciliens, à l’exception des Yvelines, où ils passent de 36 à 48. Au Syndicat national des officiers de police, Jacques Maury, secrétaire régional adjoint, voit là une illustration de l’effet Sarkozy. « Les policiers reviennent dans des secteurs délaissés. Mais attention, on part quand même de loin. » La note des RG fait d’ailleurs preuve d’un optimisme mesuré. « Les policiers rencontrent toujours de réelles difficultés dans certains quartiers où leur simple présence les expose à des attaques en règle. » Criminologue, spécialiste des violences urbaines, Christophe Soullez est encore plus prudent. « Les RG ont cessé de publier les chiffres de la violence urbaine fin 1999. A l’époque, ils augmentaient. » Compliqué donc de mesurer la dimension exacte de cette baisse. « Surtout, cela ne veut pas dire que la contestation de l’autorité, phénomène qui sous-tend ces violences, est vraiment en recul. » G. M.

échelle Les RG classent les violences selon une échelle. 4 pour les voitures brûlées, 5 les agressions physiques de policiers, 8 pour une émeute. Seuls les faits compris entre les degrés 5 et 8 sont en recul.