Des voies dédiées aux bus et aux taxis sur les autoroutes A1 et A6

TRANSPORTS La première de ces voies, qui visent à combattre l’«autosolisme», ouvrira sur l'A1 le 29 avril prochain…

Fabrice Pouliquen

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Sur l'A1, l'ouverture le 29 avril prochain d'une voie dédiée aux taxis et aux bus visera à réduire et à fiabiliser les temps de parcours de ces deux catégories de véhicules sur les trajets Roissy-Paris.
Sur l'A1, l'ouverture le 29 avril prochain d'une voie dédiée aux taxis et aux bus visera à réduire et à fiabiliser les temps de parcours de ces deux catégories de véhicules sur les trajets Roissy-Paris. — Fred Dufour AFP

Gagner jusqu’à huit minutes de trajet entre Roissy-Charles-de-Gaulle et la capitale. Voilà ce que promet la création d’une voie dédiée sur une portion de 5km de l’autoroute A1 entre La Courneuve et le stade de France. Elle sera inaugurée le 29 avril prochain. Mais tout le monde ne pourra pas en profiter.

Seuls les bus et les taxis seront autorisés à emprunter ce couloir créé en voie de gauche, et seulement les jours ouvrés entre 6h30 et 10h, dans le sens province-Paris. Le dispositif vise à combattre l’«autosolisme» en évitant aux taxis et bus les bouchons matinaux. Une voie similaire sera créée fin mai sur l’A6a sur 3 km en amont de la Porte d’Orléans. Cette voie fonctionnera entre 7h et 10h, dans le sens province-Paris, et visera à réduire les temps de trajet entre l’aéroport d’Orly et la capitale.

Qui englobe-t-on dans le covoiturage?

Mais quitte à promouvoir les transports en commun, pourquoi ne pas ouvrir également ces voies aux covoitureurs ? Pierre Serne, vice-président du conseil régional d’Île-de-France en charge des transports, pousse dans ce sens. Blablacar également. «Le covoiturage courte distance a besoin d'être encouragé en France, estime Laure Wagner, porte-parole de la plateforme communautaire de covoiturage. Les conducteurs y voient trop de contraintes pour une rétribution financière faible. Ce serait un joli coup de pouce.»

Ce n’est toutefois pas l’option prise par le ministère des Transports. C’est avant tout une question de définition. «La loi de modernisation de l’action publique territoriale et d’affirmation des métropoles (Maptam) définit le terme comme l’utilisation en commun d’un véhicule terrestre à moteur par un conducteur non professionnel et un ou plusieurs passagers majeurs pour un trajet commun, précise-t-on dans l’entourage d’Alain Vidalies, secrétaire d’état chargé des transports. Depuis, la notion de passagers majeurs a été retirée de la définition pour promouvoir les déplacements domicile-travail.» Autrement dit, un parent qui accompagne un enfant à l’école, c’est du covoiturage.

«Ouvrons-les aux voitures contenant trois personnes ou plus»

Mais au ministère des transports, on dit avoir mené aussi des études préalables: «Si on y autorisait la circulation des véhicules occupés par deux personnes, la voie réservée sur l’A1 serait congestionnée.»

«Ouvrons alors ces voies aux véhicules contenant trois personnes ou plus », plaident alors Pierre Serne et Nicolas Louvet, directeur du cabinet 6-t, un bureau d’études spécialisé dans la mobilité. Tous deux citent le taux d’occupation des voitures sur l’autoroute en Île-de-France. Entre 1,2 et 1,3. «Et encore, ce chiffre est gonflé par les départs en vacance, précise Nicolas Louvet. Sur les trajets domicile-travail, les Franciliens sont le plus souvent seuls dans leur voiture.» Cette ouverture aux covoitureurs serait d'ailleurs contrôlable, via des caméras.