Prix du stationnement à Paris: Charles Beigbeder attaque la Mairie en justice

SOCIETE Le conseiller municipal Divers-Droite du 8e arrondissement a déposé un recours devant le tribunal administratif pour faire annuler la hausse des tarifs de stationnement…

Romain Lescurieux

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Charles Beigbeder à Paris le 24 mars 2014
Charles Beigbeder à Paris le 24 mars 2014 — Pierre Andrieu AFP

«Pourquoi vouloir refaire la campagne à la ville?», lance un brin provoc’ Charles Beigbeder lors d’un déjeuner presse ce jeudi. Le chef d’entreprise et conseiller municipal Divers-Droite dans le 8e arrondissement, a décidé de partir en guerre contre les hausses de stationnement dans la capitale et plus globalement contre l’«idéologie anti-voiture de la Mairie», dit-il.

«Les prix ont été multipliés par trois»

«Les prix ont été multipliés par trois pour les résidents comme les visiteurs», explique-t-il à 20 Minutes. Pour les premiers, elle s'élèverait annuellement, selon lui, à + de 200 %, soit 513 euros au lieu de 154 euros. Pour les seconds, elle irait jusqu'à 100 %. Au 1er janvier, le stationnement est passé à 4 euros pour les visiteurs dans les 11 arrondissements du centre de la ville et 2,40 euros dans les neuf autres arrondissements. La carte de stationnement annuelle – jusque-là gratuite – est elle passée à 45 euros l'année, ou 90 euros pour 3 ans. Les titulaires de cette carte doivent aussi payer 1,50 euro de l'heure (0,65 euro aujourd'hui), et 9 euros la semaine (au lieu de 3,25 précédemment).

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Alors, pour la «défense des contribuables», Charles Beigbeder a déposé en février un recours devant le tribunal administratif de Paris pour faire annuler «trois arrêtés [adopté en décembre 2014] et deux délibérations qui servent à la Mairie de base légale», précisent ses avocats, Me Guillaume Bazin et Me Guillaume Jeanson. Car pour l’élu, cette hausse est avant  tout une «augmentation d’impôt» et «un détournement de pouvoir».

«Anne Hidalgo utilise son pouvoir de police pour renflouer son déficit»

«C’est une hausse d’impôt déguisé pour tous les gens qui n’ont d’autres choix que d’utiliser leur véhicule, comme les familles nombreuses, les personnes âgées ou à mobilité réduite. Tout le monde ne peut pas prendre les transports collectifs», assène-t-il. «Anne Hidalgo utilise son pouvoir de police pour prendre des dispositions pour renflouer son déficit. Au lieu de réduire les dépenses de fonctionnement de la Mairie et les très nombreuses subventions à des  associations plus ou moins fantaisistes», ajoute Charles Beigbeder. «Donc j’attaque», s’exclame-t-il.

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Et pour ce faire,  ses avocats se basent sur deux arguments: Le détournement de pouvoir et l’erreur manifeste d’appréciation. «Même si le juge administratif autorise un maire à soumettre au paiement de redevance les automobilistes qui souhaitent garer leur véhicule, cela doit être fait en considération des nécessités et des exigences de la circulation. Mais il s’agit là d’une politique de tarification ayant pour seule réponse, l’intérêt purement financier», commente Me Guillaume Jeanson.

«Nous laissons le tribunal administratif étudier sereinement ce recours»

De plus, ses avocats veulent viser «le caractère totalement excessif de la mesure, au regard de la situation existante», affirment-ils. «Paris devient l’une des villes plus chère en Europe, devant Londres. Et par ce mécanisme de comparaison on est en mesure de mettre en évidence la disproportion», insiste Guillaume Jeanson. Un moyen aussi pour Charles Beigbeder de revenir sur le devant de la scène politique parisienne?

«Je suis élu dans le 8e, c’est mon devoir de défendre les Parisiens. J’ai été consterné de la passivité du conseil de Paris et notamment du groupe UMP présidé par Nathalie Kosciusko-Morizet», argumente-t-il. Lui, qui, en plus de l'annulation de ces arrêtés et délibérations, réclame 3.000 euros de dommages et intérêts, selon les informations du Figaro.

Du son côté, la Mairie reste réservée et sereine. «Nous laissons le tribunal administratif étudier sereinement ce recours, mais nous sommes tout à fait confiants sur la légalité de cette délibération», déclare-t-elle à 20 Minutes. Les deux parties s’engagent désormais sur plus d’un un an de procédure.