Paris: 3.000 billets d’avions à bas prix à saisir dans les distributeurs automatiques

INSOLITE C’est le coup marketing lancé depuis mardi par la compagnie low-cost d’Air-France-KLM Transavia…

Fabrice Pouliquen

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A Auber, les distributeurs automatiques proposent depuis ce mardi 15 avril 2015 des snacks avec des billets d'avion dedans.
A Auber, les distributeurs automatiques proposent depuis ce mardi 15 avril 2015 des snacks avec des billets d'avion dedans. — F. Pouliquen / 20 Minutes

C’est la dernière trouvaille marketing à Paris: glisser des billets d’avions dans des distributeurs automatiques de snacks et sodas. Ce coup médiatique est tenté depuis ce mardi par Transavia, la filiale low-cost d’Air-France KLM. Pendant trois semaines, dans les distributeurs automatiques Selecta du métro Montparnasse et de la gare Auber, dans les Carrefour City de Saint-Lazare, Malakoff et rue Amelot et au cinéma MK2 Bibliothèque, la compagnie aérienne met en vente 3.000 paquets de chips, de bonbons et de barres céréales comptant tous un aller-simple pour Dublin, Barcelone ou Lisbonne.

Ne vous emballez pas : ces paquets ne s’achètent pas 2 euros, mais 40 euros pour Dublin et Lisbonne et 35 euros pour Barcelone. «Soit le prix d’appel proposé par la compagnie sur ces trois destinations, indique Hervié Kozar, directeur commercial adjoint de Transavia. A l’intérieur du paquet, l’acheteur trouve alors un code à rentrer sur le site Internet snackholidays.com afin de finaliser son départ. «Le vol peut se faire entre le 1er juin et le 24 octobre 2015», détaille Hervé Kozar.

Une campagne «plutôt bien vue»

 «Cette campagne est plutôt bien vu, glisse Philippe Legendre, directeur délégué de l’Institut de recherches et d’études publicitaires (Irep). L’effet recherché est double. L’originalité de la campagne peut d'une part pousser à l’achat. Mais elle sera aussi relayée sur les réseaux sociaux.»

Bref, Transavia, toute jeune compagnie low-cost, va faire parler d’elle. Ce qui n’est pas si simple aujourd’hui. «Les marques ont une seule question en tête : comment émerger dans tout ce flot de publicités qui nous inondent chaque jour. Il faut faire des coups médiatiques et l’espace urbain est un bon terrain de jeu en la matière.» Transavia n’est alors qu’un exemple à Paris. Nike, qui fait de la publicité furtive dans une station de métro fantôme de la ligne 3, en est un autre.

Une quête d’originalité qui conduit à des abus

Le hic, c’est que cette quête d’originalité  conduit vite à des campagnes agressives. Thomas Bourgenot, permanent de l’association Résistance à l’agression publicitaire, prend l’exemple du marquage au sol, «théoriquement interdit à Paris mais que de nombreux annonceurs se permettent encore.» Ce mardi, le conseil municipal s’est justement penché sur le dossier. Il a voté une délibération imposant à la marque de s’acquitter des frais d’enlèvements de ces publicités. «Un vœu a proposé aussi que la mairie attaque systématiquement en justice les annonceurs faisant de la publicité au sol», poursuit Thomas Bourgenot.

Ces marquages sols ne sont pas les seuls abus observés par Résistance à l’agression publicitaire. «Trop de campagnes induisent aussi le consommateur en erreur », déplore Thomas Bourgenot. L'opération snackholidays de Transavia n’est pas sans reproches sur ce point. Elle n’affiche qu’en très petit que l’opération ne concerne que des allers simples. Le retour, lui, se fera au tarif normal qui, selon la date choisie, n’a plus rien à voir avec le prix d’appel. «Je me disais aussi, regrette Mathilde, rencontrée ce mercredi à la station Auber. Sur le quai, la campagne ne suscitait guère d’emballement.  «Il y a trop peu d’explications. Je me dis que c’est une arnaque sans chercher à comprendre», glisse un voyageur avant de s’engouffrer dans le train.