Paris: «L’acte 2» de la reconquête de la Petite ceinture sur le tapis du Conseil de Paris

URBANISME Le Conseil de Paris va étudier ce lundi un nouveau protocole entre Paris et la SNCF…

R.L. avec AFP

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Anne Hidalgo sur un tronçon de la Petite ceinture dans le 13e arrondissement.
Anne Hidalgo sur un tronçon de la Petite ceinture dans le 13e arrondissement. — R.LESCURIEUX

Reconquête de Petite ceinture: «Acte 2». Anne Hidalgo, Maire de Paris, et des responsables de la SNCF – dont le président du directoire Guillaume Pepy - se sont rendus mardi dernier sur le tronçon du 13e arrondissement qui sera ouvert au public en septembre.

Ensemble, ils ont détaillé les grandes lignes d’un nouveau protocole d’accord entre Paris et la SNCF, qui sera soumis ce lundi au vote du Conseil de Paris. Porté par Pénélope Komitès et Jean-Louis Missika, adjoints à la Maire, «il permettra d’engager de la reconquête de la Petite ceinture, en envisageant l’ouverture du plus grand nombre de tronçons possible pour la promenade et accueillir de nouveaux usages réversibles tout en valorisant la biodiversité», mentionne un communiqué de la Ville.

Un «plan-programme»

En effet, valable pendant dix ans à compter de sa signature, ce protocole permettra d'offrir aux Parisiens de nouveaux lieux de respiration, tout en garantissant la «réversibilité»  des aménagements, dans l'hypothèse d'un renouveau de la vocation ferroviaire de cet anneau de 32 km. Il prévoit une mise à disposition gratuite de certains tronçons de la voie par la SNCF, la Ville de Paris s'engageant en contrepartie à prendre en charge l'aménagement et l'entretien des espaces ainsi ouverts au public.

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Ce protocole va permettre d'élaborer d'ici la fin de l'année un «plan-programme» pluri-annuel qui devra identifier les activités susceptibles d'y être développées : espaces verts, promenades, activités sportives, jardins partagés, agriculture urbaine, restauration... voire des «cinémas» ou des «boîtes de nuit, en respectant les riverains», a dit la maire de Paris.

La Petite ceinture va «revivre»

Par ailleurs, Anne Hidalgo a fait part de son «immense bonheur» face à la volonté de la SNCF «d'accélérer le mouvement» pour faire «revivre la Petite Ceinture». Un précédent protocole d'accord, datant de 2006, a expiré en 2011, mais a été prolongé jusqu'en juin 2015, le temps d'une réflexion sur les évolutions à apporter au protocole initial.

«Tout le monde connaît la Petite Ceinture, et grâce à ce projet (...) elle va revivre. En même temps, ce que nous avons trouvé intelligent dans le projet de la mairie, c'est qu'elle ne remet pas en cause son utilisation ferroviaire, peut-être un jour. C'est un point d'équilibre qui a été trouvé: tout de suite elle va devenir accessible et en même temps on ne la détruit pas», a souligné Guillaume Pepy.

«Vieux sujet»

Le groupe PCF a annoncé mardi matin qu'il s'abstiendrait ou voterait contre la délibération de l'exécutif municipal, regrettant que la Petite Ceinture ne soit pas utilisée pour le transport de marchandises ou de voyageurs, à l'heure où la Ville entend lutter contre la pollution de l'air.

Interrogée sur ce point, la maire de Paris a estimé que c'était un «vieux sujet», qui avait «été tranché" lorsque la décision a été prise d'installer le tramway sur les maréchaux plutôt que sur la Petite Ceinture. «Force est de constater que la Petite Ceinture passe souvent au pied des habitations, et que moi je ne veux pas imposer aux gens qui (y) habitent (...) de devenir un endroit où il y aurait une activité ferroviaire intense», a-t-elle dit.

De son côté, l'opposition (UMP et centre) qui devrait voter également le plan vélo, a regretté par le biais de certains représentants que la Ville de Paris n'ait pas mis à profit la friche ferroviaire de la Petite Ceinture pour créer dans Paris une piste cyclable continue et protégée.