Le campus de Jussieu perd des années et des millions

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Jussieu, un chantier sans fin. Il y a six mois, Jean-Charles Pomerol, le président de l'université Pierre-et-Marie-Curie, s'inquiétait : au rythme où allaient les choses, Jussieu ne pourrait être totalement désamianté et opérationnel avant 2012. La sonnette d'alarme n'a pas fonctionné. Hier, le même président nous confiait : « Vu les retards qui se sont encore accumulés depuis, ce sera finalement au mieux en juin 2014. » Soit dix-sept ans après le début des travaux.

Un retard qui coûte, selon lui, 40 millions d'euros par an. En six mois, seul le chantier de la tour principale a un peu avancé. Pour le reste, c'est la paralysie : « Il y a des études complémentaires à faire et personne ne veut les payer, alors qu'elles reviendraient beaucoup moins cher que les locaux que nous devons continuer de louer pour compenser l'absence d'infrastructures et les pénalités qui s'accumulent. » En cause, l'établissement public du campus de Jussieu (EPCJ), sous la tutelle notamment des ministères de l'Enseignement supérieur et du Budget : « Il n'y a pas de suivi, pas de ligne directrice », regrette le président qui dénonce aussi un « black-out » sur les coûts.