Yvelines: Le procès d'une nourrice qui avait secoué et violenté un bébé s’ouvre aux assises

JUSTICE L’enfant, âgé de cinq ans aujourd’hui, restera handicapé à 60% au moins. L'accusée, qui a passé un an en détention provisoire, encourt 20 ans de réclusion criminelle…

20 Minutes avec AFP

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Le procès d'une nourrice de 45 ans, accusée d'avoir maltraité et secoué un nourrisson alors qu'elle était ivre, lui causant un handicap irréversible, s'est ouvert mardi devant la cour d'assises des Yvelines.
Le procès d'une nourrice de 45 ans, accusée d'avoir maltraité et secoué un nourrisson alors qu'elle était ivre, lui causant un handicap irréversible, s'est ouvert mardi devant la cour d'assises des Yvelines. — Fred Dufour AFP

Le procès d'une nourrice de 45 ans, accusée d'avoir maltraité et secoué un nourrisson alors qu'elle était ivre, lui causant un handicap irréversible, s'est ouvert mardi devant la cour d'assises des Yvelines avec l'examen de sa personnalité.

La voix entrecoupée de sanglots, cette petite femme aujourd'hui caissière raconte en préambule une enfance difficile, puis une agression en 2004 qui l'a fait sombrer dans «une dépression très grave».

«Je me suis mise à boire», souffle l'accusée, petites mèches claires sur un court carré de cheveux châtain, droite dans son imper crème. «En cachette. C'était pour oublier et dormir.»

Excédée par les cris du bébé, elle a bu du vin cuit pour «se détendre»

Mariée et mère «fusionnelle» de trois enfants, elle comparaît libre sous contrôle judiciaire, sous les yeux d'un ancien couple d'amis, les parents du bébé dont elle avait la charge ce 30 mars 2010.

Elle qui n'avait pas d'agrément de nourrice gardait alors le nourrisson de 5 mois et demi, ainsi qu'une fillette à son domicile de Houilles (Yvelines) quand, excédée par les cris du bébé, elle a commencé à boire du vin cuit pour «se détendre».

La quadragénaire a reconnu avoir tiré l'enfant de son siège, l'avoir jeté sur sa table à langer, occasionnant un «grand crac». Il serait ensuite tombé au sol et aurait perdu connaissance, affirme-t-elle, et pour le réanimer elle l'aurait secoué et giflé.

De multiples lésions relevées par les médecins

Accourus sur place, les parents avaient trouvé leur enfant dans le coma, blessé à la tête et au bras, la nourrice hystérique. Les médecins ont relevé sur l'enfant de multiples lésions: fracture de la voûte du crâne, hémorragies intracrâniennes, hématomes au visage et sur le cuir chevelu, fracture au coude, traces de morsures récentes.

Selon les experts, les lésions les plus graves sont dues à des secousses très violentes, associées à des coups. La nourrice a nié toutes morsures et assuré n'avoir jamais voulu faire de mal au bébé. Il est encore trop tôt pour connaître les séquelles définitives que conservera le petit garçon, aujourd'hui âgé de cinq ans et demi.

L’enfant restera handicapé à 60% au moins

Scolarisé dans une école spécialisée, il souffre d'une «atrophie d'une partie du cerveau», souligne Me Jean-Louis Chalanset, avocat des parents. «Il restera handicapé à 60% au moins.»

Mardi, proches ou connaissances de l'accusée se sont succédé à la barre pour parler d'elle. «Une femme fragile dévorée d'angoisse, une mère très attachante dévastée par ce drame», résume une professeur du lycée de ses enfants.

«Elle est perfectionniste, elle veut faire toujours bien », souligne une amie. «Elle a toujours été très câline avec mes enfants.» A-t-elle déjà mentionné un problème d'alcool, interroge la présidente ? «Jamais.» Une autre décrit une nourrice « fatiguée de devoir prendre tout le temps le bébé dans ses bras»: «Elle avait besoin d'aide.»

L'accusée, qui a passé un an en détention provisoire, encourt 20 ans de réclusion criminelle. Elle doit s'exprimer mercredi sur les faits. Le verdict est attendu vendredi.